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      Environnement , Est , La Source

      le 21/09/2026

      Deux nouveaux jardins en l’honneur de deux peintresses

      Ce samedi 19 septembre, deux nouveaux jardins ont été inaugurés dans les quartiers de La Source et Est d’Orléans. La preuve, sur le terrain, d’une politique volontariste en matière de lutte contre le réchauffement climatique, du mieux-vivre ensemble… mais aussi de reconnaissance des femmes artistes.

      Crédit : J.Puyo

      Inauguration du jardin Élisabeth Vigée-Le Brun (La Source)

      Deux jardins, deux ambiances, deux peintresses honorées. Depuis ce samedi 19 septembre, la Ville d’Orléans compte deux nouveaux jardins au cœur des quartiers La Source et Est : le Jardin Élisabeth Vigée-Le Brun (5 000 m²) et le Jardin Thérèse Laperche (3 000 m²). La création et l’aménagement de ces deux sites ont été conduits par Orléans Métropole (*) dans le cadre du programme ANRU 2, avec le soutien financier de ses partenaires (État, Région Centre-Val de Loire, Agence de l’eau Loire-Bretagne). 

      « Le Jardin de La Source est situé sur le fameux Îlot 12, lieu qui attendait une nouvelle vie après toutes les larges transformations réalisées depuis vingt-cinq ans dans le quartier, a rappelé Serge Grouard, maire d’Orléans et président d’Orléans Métropole lors de l’inauguration. Nous aurions pu opter pour la construction et la rentabilisation du m², mais depuis quelques années, nous faisons le choix de reverdir la ville sur l’ensemble des quartiers dans une logique de végétalisation d’Orléans avec la création de jardins comme ceux de La Source et de l’Argonne, trois autres devant être prochainement ouverts. » 

      Une palette végétale variée et adaptée 

      À La Source, le Jardin Élisabeth Vigée-Le Brun est clôturé, et comprend une plaine de jeux, deux tables de ping-pong, des cheminements, des bancs, un circuit vallonné pour la pratique du vélo et de la trottinette par les enfants ainsi qu’une esplanade. La palette végétale est adaptée et variée (conservation de sujets existants et plantation de 72 arbres). 

      À l’Argonne, le Jardin Thérèse Laperche est un espace ouvert, paysager, comprenant un jardin de pluie, une aire de jeux, un espace de carrés de plantes aromatiques. Treize arbres de grand à très grand développement ont été plantés, ainsi qu’une haie bocagère en végétal local, entre les pavillons et le jardin. Outre l’adaptation aux changements climatiques et l’amélioration du bien-être via la végétalisation, la configuration du lieu vise également l’inclusion, la mixité, la rencontre entre les habitants et les générations du secteur. 

      Les femmes artistes à leur (juste) place 

      Spécificité notable des deux jardins, leur nom en lien direct avec les arts et les femmes. « Les dénominations Thérèse Laperche et Vigée-Le Brun répondent à la volonté de l’ensemble du conseil municipal de féminiser les noms sur l’espace public, souligne le maire d’Orléans. Dans l’Histoire, la tendance a été d’effacer les femmes et de les spolier, notamment dans le domaine artistique. Avec cette mise en lumière de deux peintresses phares de leur époque, nous avons souhaité rétablir un équilibre non par parti pris idéologique mais pour corriger une vérité tronquée. » 

      Geneviève Haroche-Bouzinac, professeure à l’Université d’Orléans, spécialiste et biographe d’Élisabeth Vigée-Lebrun et Olivia Voisin, directrice des musées d’Orléans, ont d’ailleurs pu dévoiler devant une assistance attentive, les parcours personnels et artistiques des deux femmes, ainsi que leur « combat » pour se faire une place dans le monde des arts. 

      « Nous ouvrons ces jardins dans une période d’extrême sécheresse doublée de canicules successives qui nous montrent, à l’évidence, que le dérèglement climatique est maintenant bien là, a rappelé Serge Grouard. Nous ne savons encore rien des conséquences, si ce n’est qu’elles vont s’amplifier dans le futur. Les politiques publiques doivent et devront donc évoluer tout comme celles développées par les collectivités territoriales. La création de ces espaces végétalisés va complètement dans ce sens. » Aux habitants de La Source et de l’Argonne, désormais, de s’approprier pleinement « leur » jardin. 

      (*) - avec l’aménageur SORGEM

      M.Prévost

      Jardin Élisabeth Vigée Le Brun (La Source) 

      Rues Léopold-Sédar-Senghor, Jean-d’Aulon, Alain-Fournier, Jules-Ferry 

      • Superficie : 5 000 m²
      • Historique du lieu : logements sociaux des Résidences de l’Orléanais et centre commercial Beauchamps démolis il y a une douzaine d’années dans le cadre de l’opération ANRU 1 - La Source 
      • Coût travaux : 815 K€ HT

      - Descriptif : Jardin clôturé, avec des ambiances plaine de jeux, cheminement, circuit vallonné pour la pratique du vélo et de la trottinette par les enfants, esplanade, deux tables de ping-pong, bancs. La création du jardin a été complétée par le prolongement du mail des Genêts avec des agrès sportifs, la réalisation de trottoirs et de places de stationnement autour de l’ensemble de l’îlot.

      Jardin Thérèse Laperche (Argonne)

      Rues du Pot-d’Argent, des Sonnettes, du Cours-aux-ânes 

      • Superficie : 3 000 m²
      • Historique du lieu : logements sociaux des Résidences de l’Orléanais démolis il y a une quinzaine d’années dans le cadre de l’opération ANRU 1 -  Argonne 
      • Coût travaux : 290 K€ HT 
      • Descriptif : Jardin ouvert, paysager, avec un jardin de pluie, trois jeux pour enfants, un espace « plantes aromatiques » et des plantations.

      La création du jardin a été complétée par les requalifications des rues du Pot-d’Argent et de la rue du Cours-aux-ânes.

      Les peintresses honorées

      Élisabeth Vigée-Le Brun (1755 - 1842)

      Elle n’a pas uniquement été la peintresse favorite de la reine Marie-Antoinette : Élisabeth Vigée Le Brun fut avant tout une pionnière, déterminée à s’imposer comme parmi les plus grandes artistes de son temps. Formée au pastel et à l’huile par son père, Louis Vigée, elle manifeste un talent précoce qui la fait remarquer de prestigieux commanditaires à la Cour, grâce à une remarquable maîtrise technique et un sens inné du réseau social. Sa rencontre en 1778 avec la reine de France marque un tournant, elle devient l'amie et la portraitiste attitrée de la souveraine. En 1783,  Élisabeth Vigée-Le Brun est admise à l’Académie royale, consacrant son statut d’artiste de premier plan. La Révolution française brise cet âge d’or et voit passer sous l’échafaud nombre de ses modèles et amis. Contrainte à l’exil en 1789, elle est accueillie par toutes les Cours d’Europe, de Rome à Saint-Pétersbourg en passant par Vienne, où l’aristocratie s’arrache ses portraits. De retour en France sous le Consulat, elle continue d’exercer son art jusqu’à la fin de sa vie. Avec près de 600 portraits à son actif, elle a marqué un moment décisif dans les arts, faisant de son pinceau un instrument de liberté et de pouvoir. 

      Thérèse Laperche (1743 – 1814)

      Rien ne prédestinait Thérèse Leprince à embrasser la voie des arts, à une époque où le pastel reste plus volontiers pour les femmes un art d’agrément qu’une activité professionnelle. Née en 1743 dans une famille marchande de la petite bourgeoisie éclairée, elle se fraye un chemin grâce à son éducation dans la société de l’Orléans des Lumières. La ville connaît alors une intense effervescence artistique sous l’impulsion de l’amateur Aignan-Thomas Desfriches. En 1765, elle bénéficie de l’enseignement de Jean-Baptiste Perronneau, un des plus célèbres pastellistes. Au château des Ménars, elle se perfectionne en copiant les sculptures du parc, en guise de formation à l’étude du nu, interdite aux femmes. Son mariage en 1768 avec l’Orléanais Jean-Baptiste Laperche l’oriente vers le commerce de matériel de peinture, les cours de miniature et la réalisation de portraits. En 1778, elle déménage à Paris et devient Thérèse Delaperche. Elle étudie auprès de Greuze et de Vigée-Le Brun, bénéficiant de l’ouverture des arts aux femmes sous la Révolution. Toute sa vie, elle luttera pour briser les barrières qui éloignent les femmes de la carrière artistique. Ses deux fils deviendront des artistes. Elle s’éteint en 1814, auprès de son fils Constant à La Roche-Guyon, chez les mécènes Rohan-Chabot.