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      Environnement

      le 08/10/2026

      Orléans prend soin de sa végétalisation

      Pour faire face aux effets des dérèglements climatiques, la mairie d'Orléans a mis en place, cet été, un plan d'action adapté. Une mesure de préservation indispensable dans une ville au haut potentiel végétal.

      Crédit : J.Grelet

      Cinq épisodes caniculaires successifs, une sécheresse exceptionnelle, des précipitations quasi inexistantes… Depuis fin mai, le dérèglement climatique est, pour ceux qui en doutaient encore, devenu une évidence. Comme les autres villes de France, Orléans a subi les conséquences de ces phénomènes conjugués. « Tout le vivant a souffert cet été et continue d’être impacté malgré, depuis septembre, une baisse des températures et des journées raccourcies, rappelle Grégoire Bedoin, directeur de la nature en ville et des paysages à la Mairie. Par exemple, certains arbres présentent, à des degrés divers, des signes de stress hydrique, comme la chute de leurs feuilles – un moyen de protection mis en place pour conserver un maximum d’humidité. » 

      À Orléans, 30 à 35 000 arbres occupent l’espace public. Cela représente 26% de couverture arborée, selon le classement des villes vertes  – Orléans se place ainsi devant Angers, Le Mans et Grenoble. Aussi, pour préserver ce précieux capital végétal, la Ville a-t-elle lancé, en juillet et en août, un plan d’action pour les près de 2 285 jeunes arbres ciblés comme prioritaires et au système racinaire en voie de développement. Sur le terrain, en fonction des arrêtés préfectoraux, les équipes de jardiniers se sont mobilisées, dès 6 heures, pour des tournées d’arrosage hebdomadaires dans tous les quartiers. Au bas mot, 496 000 litres d’eau – dont 171 000 litres d’eau de réutilisation prélevée à la station d’épuration d’Orléans-La Source – ont permis aux « jeunes pousses » de passer le cap. Les sondes tensiométriques, l’oeil, toujours irremplaçable, des professionnels et le passage d’experts sur sites ont contribué à adapter les volumes aux besoins hygrométriques. 

      Afin d’augmenter le tonnage d’eau de réutilisation transportée depuis Saint-Cyr-en-Val et d'optimiser les opérations d’arrosage, la Ville se dotera, en 2027, de deux nouvelles citernes de 3 000 litres (parc actuel : deux de 3 000 l, quatre de 1 000 l, une laveuse de voirie modifiée de 6 000 l). Par ailleurs, une cuve de récupération des eaux de pluie (159 m³) devrait voir prochainement le jour au Centre de production horticole de Saint-Denis-en-Val. « Concernant les arbres de moins de 2 ans, les sociétés spécialisées en espaces verts assurent la garantie de reprise, avec l’arrosage, l’entretien et, si nécessaire, le remplacement des spécimens. » 

      Autre levier d’action identifié par la Ville, le choix d’espèces adaptées. À Orléans, depuis une quinzaine d’années, la palette végétale des massifs et des arbustes avait déjà fortement évolué. La règle sera amplifiée et accélérée, avec la plantation d’essences peu consommatrices en eau et compatibles avec de fortes amplitudes thermiques. Ainsi, de nouvelles espèces « méditerranéennes » vont, de plus en plus, se partager l’espace public et les massifs. Adieu le bouleau, bonjour le chêne vert et l’érable de Montpellier ! Des tests sont en cours, ainsi qu’une réflexion sur les techniques de plantation (orientation, dimensionnement des fosses). « Pour avoir une vision juste de la mortalité ou de la surmortalité des végétaux, notamment des arbres, il faut attendre le bilan qui sera dressé au printemps prochain, confie le directeur de la nature en ville et des paysages. On espère, surtout, un automne pluvieux ! » Un fort espoir, en effet, partagé de tous.

      M.Prévost

      Nathalie Kerrien, 1re maire-adjointe en charge de l’Espace public et de la Ville-Jardin :

      « En matière de végétalisation, Orléans ne part pas de rien ! La place des parcs et des jardins, déjà notable dans l’espace public, ne cesse de progresser et, à ce titre, je tiens à saluer la finalisation prochaine du programme de réhabilitation de la roseraie Jean-Dupont, à Saint-Marceau, quartier emblématique du savoir-faire horticole. Face à la récurrence et aux effets du dérèglement climatique, nous allons orienter le budget vers des investissements permettant une adaptation la plus efficace possible face à la situation. Outre la partie bâtimentaire, nous allons accroître les efforts sur l’achat de matériels, comme les citernes à grande contenance, et de végétaux résilients, adaptés aux écarts de températures. Nous portons également notre réflexion sur les sites où se fournir en eaux de réutilisation, ainsi que sur les lieux possibles de stockage. Autre levier, le choix d’un nouveau type de fleurissement en ville. D’ailleurs, les 7 et 8 octobre prochains, j’assisterai à Vendôme aux 31es Assises régionales du cadre de vie et de l’embellissement des communes. À ce titre, les jardiniers de la Ville, très sollicités tout l'été, ont présenté lors du 68e Concours international de roses d’Orléans, des essais de végétaux, très remarqués par les professionnels présents. C’est un travail de fond qui s’engage, un travail de création, d’innovation, d’adaptation… » 

      Jules Vagner, conseiller délégué à l'Embellissement des espaces publics :

      « On se focalise toujours sur les “points noirs” comme la place du Martroi ou le périmètre autour de la cathédrale, des sites minéralisés difficiles, à cause de leur configuration, à transformer en “espaces verts”. Mais dans la réalité, Orléans présente un niveau de végétalisation notable, avec une couverture arborée de 26%, grâce, notamment, à la présence de nombreux parcs et jardins dans l’ensemble des quartiers. Cette volonté de ramener la nature en ville passe et passera par une augmentation constante et croissante d’ouvertures, à raison de plus d’un site chaque année. À noter, tout arbre abattu pour quelque raison que ce soit est systématiquement remplacé par un nouveau sujet. Le programme de micro-végétalisations sur l’espace public, avec déjà plus de 100 réalisations, sera poursuivi, ainsi que le dispositif “Verdissons nos rues”, via la participation volontaire des habitants. Il n’y a qu’à se promener rue des Bouchers ou du côté de l’espace Saint-Marc pour mesurer, très concrètement, ce que ces aménagements changent avec davantage de végétal et un cadre de vie plus agréable et embelli. Depuis quelques années déjà, la Ville porte son action sur la végétalisation et la revégétalisation. Cet objectif va s’amplifier, d’autant plus face à l’ampleur du dérèglement climatique. Nous allons devoir nous adapter, ajuster les méthodes avec humilité. Mais l’urgence, aujourd’hui, est bien d’agir pour maintenant et les générations futures. »