Vendredi 10 juillet, un jour pas comme les autres dans la grande salle du 19e siècle au Musée des beaux-arts. Olivia Voisin et ses équipes ont convié la presse, non pas pour annoncer une nouvelle exposition, mais pour évoquer des œuvres volées, pillées ou disparues dans les méandres de l’Histoire.
Où sont passés les 424 tableaux ? Et parmi eux, les 350 œuvres du musée Paul Fourché, détruit par un incendie en 1940 ?
« L'une des missions que nous souhaitions développer, comme de nombreux établissements patrimoniaux, concerne les œuvres disparues et les œuvres volées, raconte la directrice. C'est une histoire malheureusement commune à la plupart des musées. Peu d'institutions ont été épargnées par les vols au cours de leur histoire. À Orléans, cette question est particulièrement importante, même si elle renvoie essentiellement à une période ancienne. Fort heureusement, aucun vol récent n'est à déplorer. » Le travail d’identification s’est concentré sur les tableaux : deux années d'enquête minutieuse pour les équipes du musée, lancées sur les traces de ces œuvres évanouies.
Parmi les plus grands mystères figure le destin des tableaux du musée Paul-Fourché. Fondé en 1907 grâce à la générosité du collectionneur orléanais passionné d'art Paul Fourché, ce musée occupait l'hôtel de Beauharnais, rue de la Hallebarde, près de la place du Martroi. En 1940, dans le chaos de la débâcle et de l'exode, le bâtiment est abandonné avant d'être ravagé par les flammes.
Les 350 tableaux sont-ils réellement partis en fumée ? Pour Olivia Voisin, l'histoire est loin d'être aussi simple. « Par définition, un conservateur n’arrête jamais de chercher tant qu’il n’a pas de preuve de la « mort » du tableau. Éric Moinet, conservateur en chef et directeur du musée dans les années 1990 a essayé de comprendre ce qu’il s’était passé après-guerre. Il a organisé une collecte de témoignages auprès des Orléanais et une photo du musée Paul-Fourché prise avant l'incendie, montrant un bâtiment entièrement vidé de ses œuvres, corrobore son intuition : le musée a bel et bien été pillé », poursuit Olivia, énigmatique.
« Notre devoir en tant que musée est de toujours les rechercher et de permettre à tout le monde de pouvoir devenir acteur de cette recherche », Olivia Voisin, directrice des musées d’Orléans






