À quel moment parle-t-on d’hypertension ?
« On parle d’hypertension lorsque la pression artérielle atteint ou dépasse 140/90 mmHg au cabinet médical ou lorsqu’à domicile, l’automesure réalisée sur trois jours, matin et soir, montre une tension artérielle moyenne supérieure ou égale à 135/85 mmHg. Toutefois, les résultats peuvent être influencés par l’effet “blouse blanche”, qui se traduit par une élévation de la tension artérielle liée au stress lors de la visite médicale. Pour confirmer les résultats, le médecin peut donc être amené à mesurer la tension à plusieurs reprises au cours de la consultation. »
Quels sont les symptômes de cette pathologie ?
« Malheureusement, l’hypertension est le plus souvent silencieuse et l’on ne ressent rien. Mais il peut y avoir quand même quelques signaux d’alerte comme une fatigue, des maux de tête, et parfois des sensations visuelles comme les petites mouches noires voletant devant les yeux... »
Et les facteurs déclencheurs ?
« Le premier est l’âge, car la prévalence de l’hypertension artérielle est plus élevée au-delà de cinquante ans, ou chez la femme après la ménopause. Il existe également des hypertensions dites secondaires dont il faut rechercher la cause surtout si l’hypertension est sévère. Par ailleurs, certaines femmes enceintes peuvent être sujettes à une hypertension artérielle qui nécessitera une surveillance médicale constante pendant la grossesse. »
Quelles sont les populations les plus à risques ?
« Sur le territoire, des études montrent que les habitants du nord et de l’est de la France développeraient plus de cas d’hypertension artérielle que la population générale. Ceci s’expliquerait par un apport plus élevé de sel dans l’alimentation car la consommation excessive de sel augmente la pression artérielle en favorisant la rétention d’eau et le volume sanguin dans les vaisseaux... Les fumeurs font aussi partie des publics vulnérables, le tabac ayant pour impact de rigidifier les artères. L’apnée du sommeil, avec les pauses respiratoires la nuit, ainsi que la consommation excessive d’alcool, sans oublier le surpoids favorisent, également, l’hypertension artérielle. »
Concrètement, quelles sont les incidences de l’hypertension artérielle sur la santé physique ?
« Elles sont multiples : l’hypertension oblige le cœur à travailler davantage pouvant générer insuffisance cardiaque et trouble du rythme. Elle abîme les vaisseaux sanguins, pouvant entraîner une atteinte des reins, des yeux ainsi que des accidents vasculaires cérébraux ou, à terme, des troubles de mémoire voire une démence. »
Une prise en charge est possible…
« Bien sûr, mais tout d’abord, sauf à de rares exceptions, l’hypertension artérielle est une maladie chronique. Donc, quand on a été diagnostiqué hypertendu, c’est pour le reste de sa vie. Dès lors, des traitements par voie orale peuvent être prescrits et ajustés en fonction de la pathologie de chacun, et son évolution. C’est le fameux petit cachet à prendre de manière régulière, chaque jour. Concernant les effets secondaires, ils peuvent être plus ou moins importants et peuvent prendre la forme d’œdèmes des membres inférieurs avec les chevilles gonflées ou une fréquence cardiaque plus rapide surtout chez la femme. Par ailleurs, certains symptômes de l’hypertension artérielle peuvent se télescoper avec ceux de la ménopause. Tout ceci réuni conduit d’ailleurs des patientes à suivre de manière aléatoire voire à abandonner leur traitement. Mais avant cette étape de soins, il faut, bien sûr, avoir connaissance de son état, d’où l’importance et la nécessité du dépistage en amont. »
C’est-à-dire ?
« On en revient à la prise de la tension artérielle chez son médecin traitant, et à l’automesure à domicile par le patient lui-même. J’attire l’attention sur le fait que les femmes sont souvent sous-diagnostiquées, car il est d’usage de penser que les patientes sont de fait de nature “émotives”, donc que la pression artérielle enregistrée lors de la consultation, si elle est un peu élevée, résulte de cet état d’émotivité. D’où, l’importance de l’automesure à domicile. »
Comment peut-on éviter l’hypertension artérielle ? Et, si on en est atteint, mieux la contrôler ?
« Il faut appliquer les règles hygiéno-diététiques basiques. On évite de manger trop salé, on pratique une activité physique régulière, on maîtrise son poids. Le stress est aussi un élément aggravant, donc on essaie, aussi, de s’octroyer des moments de détente et de prise en compte de soi. »
Autant de sujets que vous aborderez lors de votre conférence à la Médiathèque…
« Absolument, et j’invite tout le monde à venir ! Mon but n’est pas d’évoquer l’hypertension artérielle sur le mode scientifique, mais d’expliquer cette maladie de manière simple et concrète. De donner également des conseils pour modifier ses habitudes afin de vivre la pathologie au mieux, dans son quotidien. »
Propos recueillis par Maryline Prévost