Pouvez-vous décrire ce qu’est l’endométriose ?
« Quand tout va bien, le tissu endométrial ectopique se trouve dans l’endomètre, la muqueuse glandulaire qui tapisse la cavité utérine. Dans le cas de l’endométriose, les cellules de l’endomètre sont présentes en dehors de l’utérus. À ce jour, on sait que cette maladie est liée, entre autres, à des facteurs génétiques. »
Combien de femmes sont aujourd’hui diagnostiquées atteintes d’endométriose ?
« On estime entre 10 et 15% de la population féminine atteinte de cette maladie gynécologique inflammatoire chronique. Soit environ 2 millions de femmes. Cependant, à ce jour, nous ne disposons pas de chiffre précis, ce qui suggère une sous-estimation des données. Et ce, d’autant plus que le diagnostic n’est pas facilement et ni systématiquement établi pour la patiente. Dans les faits, l’endométriose concerne les jeunes filles, dès la puberté, jusqu’au moment de la ménopause, période à laquelle, généralement, les symptômes disparaissent… »
Quels sont les signes de cette pathologie ?
« Les symptômes sont multiples et variables et peuvent se conjuguer entre eux. Mais les femmes atteintes d’endométriose présentent, principalement, des douleurs importantes, voire handicapantes, pendant les règles. Ce phénomène peut aussi être vécu avant et/ou après le cycle menstruel. Il arrive, également, que certaines patientes ne développent pas de signes distinctifs particuliers. Mais attention, toutes les jeunes filles ou les femmes qui souffrent pendant leurs règles ne sont pas forcément atteintes d’endométriose ! »
Et ses conséquences ?
« Outre l’inconfort et les douleurs récurrentes, chroniques, difficiles à supporter, l’endométriose peut entraîner une infertilité. La pathologie impactant le bon fonctionnement de l’appareil génital féminin, elle devient un obstacle majeur pour les couples désireux d’avoir un ou des enfants. À ces incidences sur l’état de santé physique, il ne faut pas omettre celles sur le bien-être mental et moral de la patiente. »
Des solutions ou des traitements sont-ils aujourd’hui proposés aux patientes ?
« Le premier traitement médical est, bien sûr, d’ordre hormonal avec un moyen contraceptif. La chirurgie peut être également envisagée mais dans des cas très précis. Il faut également prendre en compte la douleur, avec des antalgiques. Enfin, la patiente peut ajuster son comportement alimentaire, compléter avec des soins de support, comme l’activité physique, la kinésithérapie, l’ostéopathie, la sophrologie… L’association EndoCentre, dont je suis le trésorier, peut être une porte d’entrée pour avoir des adresses de professionnels dédiés dans la Région Centre-Val de Loire. Les femmes y trouveront aussi des réponses simples aux interrogations qu’elles peuvent avoir sur des symptômes ou sur la maladie. »
En conclusion, l’endométriose semble aujourd’hui mieux prise en compte…
« Dès 2017, il y a eu les recommandations faites par la Haute autorité de santé pour la prise en charge de l’endométriose. Puis, le Ministère de la Santé a décidé du premier plan d’actions 2022-2025. Ce changement vient aussi du fait de la place donnée par la société à la femme et à sa santé. Autrefois, sur les bases de croyances ou de fondements idéologiques, il était normal que les jeunes filles et les femmes aient mal pendant leurs règles. Heureusement, même s’il y a encore beaucoup à faire, les mentalités et les pratiques changent … »
Propos recueillis par Maryline Prévost
Solidarité - santé
le 27/02/2026
Rendez-vous de la santé : focus sur l’endométriose
Dans le cadre de la Semaine européenne de prévention et d’information sur l’endométriose, Thomas Hébert, médecin gynécologue au CHRU de Tours, et trésorier d’EndoCentre, interviendra le mercredi 4 mars, à l’auditorium de la Médiathèque. L’occasion de faire un point sur cette maladie gynécologique.
L'équipe d'EndoCentre
Crédit : P.Cuypers
EndoCentre, c’est quoi ?
EndoCentre est une association loi 1901, constituée de professionnels de santé. Elle est mandatée par l’Agence régionale de santé (ARS) pour améliorer la prise en charge des femmes atteintes d’endométriose en région Centre Val de Loire. Le but premier est d’offrir aux patientes une prise en charge de qualité, à proximité de leur domicile et dans des délais raisonnables. Et ce afin de leur permettre de mener leur vie sans douleurs et d’accomplir leur(s) éventuel(s) projet(s) de parentalité.
RENDEZ-VOUS DE LA SANTÉ
« L’endométriose en 2026, où en sommes-nous ? »

Mercredi 4 mars, 20h30
Auditorium de la Médiathèque d’Orléans, entrée, 1 rue Chanzy
Cette conférence ( + stand d’information) est conduite en partenariat avec EndoCentre et EndoFrance, Association française de lutte contre l’endométriose.
Avec Dr Thomas HEBERT Médecin Gynécologue au CHRU de Tours Trésorier d’Endocentre.