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      Sorties - Loisirs

      le 13/05/2026

      Prosper Jollois et Charles Pensée, aux origines de la légende Jeanne d’Arc

      Deux hommes ont contribué à faire entrer Jeanne d’Arc dans l’Histoire. À travers les regards de Prosper Jollois et Charles Pensée, saisis au moment d’entrer dans sa maison natale — scène immortalisée par un tableau dont le musée des beaux-arts vient de faire l’acquisition — se dessine la naissance d’une véritable construction mémorielle autour de Jeanne d’Arc et de la cité qu’elle a délivrée.

      Jean-Antoine Laurent (1763-1832), La maison natale de Jeanne d'Arc avant sa restauration, avec Jean-Baptise Jollois et Charles Pensée, 1819, huile sur panneau, 21,6 x 27,5 cm

      Une exposition née d’un petit tableau, d’un instant figé il y a près de 200 ans par le peintre Jean-Antoine Laurent. L’histoire de deux hommes fascinés par la figure d’une jeune bergère appelée à devenir l’une des grandes héroïnes françaises. 

      L’an dernier, une campagne de mécénat participatif a permis l’acquisition de cette œuvre emblématique, fragment précieux du passé : l'ingénieur des Ponts et Chaussées et archéologue Jean-Baptiste Jollois et son assistant, le dessinateur Charles Pensée, sont représentés découvrant la maison natale de Jeanne d'Arc à Domrémy. À peine le seuil franchi, une intuition s’impose : la figure de Jeanne d’Arc entre dans un nouveau récit, celui de l’Histoire et de la mémoire collective. 

      Par la suite, la maison est restaurée et Jollois, nommé en 1822 ingénieur en chef dans le Loiret, s’installe à Orléans, où il poursuit ses recherches. Il publie plusieurs travaux pionniers consacrés à Jeanne d’Arc, dont Histoire abrégée de la vie et des exploits de Jeanne d’Arc, surnommée la Pucelle d’Orléans, ainsi qu’une Notice sur les monuments élevés en France à la mémoire de Jeanne d’Arc. De son côté, Charles Pensée devient l’un des grands dessinateurs de l’Orléans médiévale et pittoresque. 

      À leur manière, tous deux participent à fixer les contours d’une mémoire johannique naissante : Orléans devient alors un centre majeur des études et de la mise en récit de Jeanne d’Arc.

      Là où tout commence… et tout finit. 

      « Jeanne d’Arc a gagné, Jollois et Pensée ont été piqués par le virus johannique, et nous aussi », sourit Olivia Voisin, directrice des musées d’Orléans.  

      Porté par l’enthousiasme des Orléanais, ce tableau, véritable petit bijou, a rejoint les collections et se dévoile pour la première fois au public à l’occasion de l’exposition présentée à l’Hôtel Cabu. Celle-ci revient sur un moment fondateur : la construction progressive de la figure héroïque de la Pucelle d’Orléans. Un simple cartel n’aurait pu suffire à en rendre compte : « L’équipe des musées  musée des beaux-arts, Hôtel Cabu et centre Jeanne d’Arc  a choisi de matérialiser cette histoire à travers une exposition particulièrement complète, soulignant l’importance de ces personnages et de leur rôle dans la mémoire johannique. » Comme une poupée russe, le parcours de l’exposition dévoile plusieurs strates de lecture, de Domrémy, point de départ, à Orléans, véritable épicentre du récit. Il met en lumière les trajectoires de Prosper Jollois, pionnier de l’archéologie orléanaise et antiquaire avisé, et de Charles Pensée, témoin attentif des transformations urbaines et fin observateur de la vie locale. Leurs regards entrent en résonance avec l’évolution de l’iconographie de Jeanne d’Arc et la place centrale qu’occupe Orléans dans sa construction mémorielle. 

      Pour enrichir ce récit et lui donner toute sa densité, l’exposition s’appuie sur des prêts exceptionnels, notamment de la DRAC, du château de Blois ou encore du collectionneur Philippe Nivet. Peu à peu, le visiteur est ainsi invité à remonter le fil d’une fascination qui traverse les siècles et à comprendre comment se fabrique une figure devenue à la fois historique, symbolique et profondément orléanaise.

      Emilie Cuchet

      Pratique

      Quand Jeanne d'Arc entre dans l'histoire, 
      Prosper Jollois et Charles Pensée, de Domrémy à Orléans
      Une exposition à découvrir à l'Hôtel Cabu - musée d'Histoire et d'Archéologie

      Du 2 mai au 20 septembre

      Commissariat général : Olivia Voisin, directrice des musées d’Orléans

      Commissariat scientifique : Mehdi Korchane, responsable des arts graphiques des musées d’Orléans ; Dominique Plancher, responsable des collections de l’Hôtel Cabu – musée d’Histoire et d’Archéologie ; Virginie Chevalot, documentaliste du Centre Jeanne d’Arc