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      le 03/03/2026

      Le cœur en émoi avec Murmuration Level 2

      Présenté le 28 mars au Zénith d’Orléans, Murmuration Level 2 est un spectacle de danse imaginé et chorégraphié par le prodige Sadeck Berrabah. Il prolonge sa création Murmuration en proposant une version revisitée, enrichie et repensée, comme une véritable évolution 2.0 du projet initial.

      Sadeck Berrabah

      Crédit : F.Malot

      L’histoire d’un perfectionniste, d’un battant devenu phénomène mondial.
      Sadeck Berrabah est un chorégraphe, danseur et directeur artistique français, reconnu pour son univers visuel unique basé sur lasynchronisation parfaite des mouvements collectifs.

      Dans sa jeunesse, il trouve refuge dans les arts martiaux, ce cadre devient sa colonne vertébrale mentale. Il développe très tôt un goût pour la précision du geste et la discipline du mouvement. Progressivement, il déplace cette rigueur vers le courant artistique et la danse. Sadeck se fait connaître mondialement grâce à une vidéo virale mettant en scène des danseurs exécutant des mouvements parfaitement synchronisés, créant des formes presque hypnotiques. Il a collaboré avec de grandes stars internationales comme Shakira, Chris Brown et les Black Eyed Peas, et participé à des événements majeurs, notamment les Grammy Awards, Les Victoires de la Musique et - grand moment de sa carrière - la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques d'été de Paris 2024. 

      Son terrain de jeu, c’est la scène. Avec Murmuration, puis Murmuration Level 2, il transforme un groupe de danseurs en organisme vivant. Ce n’est plus juste de la danse : c’est de l’architecture humaine en mouvement. Le spectacle fait escale au Zénith d’Orléans, le 28 mars prochain. Nous avons eu la chance d’interviewer l’hyperactif Sadeck entre deux avions. Rencontre avec un artiste XXL qui a su garder son âme d’enfant. 

      Vous avez un parcours assez incroyable. Que signifie pour vous tout ce que vous avez accompli et bâti au fil de ces années ?

      Sadeck Berrabah : Je vis un rêve éveillé. Je n’aurais jamais pensé arriver à accomplir tout ça dans ma vie. À la base, mon but, c’était d’être intermittent du spectacle. C’était ça, mon objectif. Là, on a dépassé ce rêve.

      Comment est né Murmuration Level 2 ? 

      Sadeck Berrabah : Le premier spectacle était déjà un énorme challenge. Pour le deuxième, j’ai encore placé la barre plus haut. J’ai voulu repousser mes limites.  

      La première étape, ça a été de trouver les danseurs. On a vu défiler 700 personnes aux auditions. Puis une fois l’équipe choisie, on n’avait que dix-huit jours pour tout construire. Dix-huit jours transmettre ma vision à des danseurs qui ne connaissaient pas forcément l’univers, pour leur faire comprendre le concept et monter tous les tableaux. 

      Oui, le spectacle a réellement été créé en dix-huit jours, vraiment. Alors forcément j’ai dû faire des choix : laisser idées de côté, simplifier des passages, revoir parfois certaines ambitions.

      Mais ensuite, les danseurs ont eu une année entière pour s’immerger dans le projet. Pour intégrer le concept en profondeur, l’inscrire dans leur corps jusqu’à ce que ça presque instinctif.

      Ça m’a permis d’y revenir avec plus de liberté. De corriger ce qui me frustrait, d’imaginer de nouveaux tableaux mémorables, de développer et complexifier ceux qui existaient déjà. On a aussi ajouté des accessoires, retravaillé la musique avec mon frère, créé de nouveaux sons. Au final, le spectacle s’est complètement transformé. Il a évolué au point de ne plus rien à voir avec le premier.

      D’où son titre Level 2 ?

      Sadeck Berrabah : Oui, c’est exactement ça. C’est un peu le premier spectacle… mais en version amplifiée. On y retrouve la base, l’ADN du projet, mais avec de vrais ajouts : des tableaux totalement inédits, des accessoires que je n’avais encore jamais utilisés - des perches, des bâtons, des chapeaux - et un tout nouveau travail autour de la lumière. Il y a plus de couleurs aussi, de tableaux « fleuris ». 

      J’ai aussi intégré un écran qui reflète en direct ce qui se passe sur scène avec les danseurs, ce qui apporte une dimension visuelle supplémentaire. Pendant une chorégraphie au sol, une caméra zénithale filme depuis le dessus et retransmet tout sur l’écran. Ça me permet même de dessiner directement au sol, et le public voit immédiatement mes dessins se projeter.

      Musicalement, il y a un vrai changement. Le premier spectacle était très doux, très poétique au niveau sonore. Là, il y a davantage de hip-hop, quelque chose de plus brut, qui me ressemble plus. C’est un spectacle plus vivant, plus intense, plus audacieux aussi. Une évolution naturelle mais assumée. 

      Dès le premier spectacle, le concept était très fort : une fusion du hip-hop, des arts martiaux, de la danse contemporaine… 

      Sadeck Berrabah : Oui. Dans ce spectacle, je rassemble toutes mes sources d’inspiration : les arts martiaux, le dessin, la culture, les mathématiques, et bien sûr le hip-hop, sous toutes ses formes. C’est aussi un hommage à tout ce qui a façonné qui je suis… 

      Quel est le portrait-robot de votre danseur idéal ? Quelles qualités doit-il avoir ?

      Sadeck Berrabah : C’est ce que je répète toujours en audition : paradoxalement, beaucoup de danseurs incroyables en freestyle ou en battle n’arrivent pas à trouver leur place dans mon univers.

      Pour moi, ce dont j’ai besoin, ce sont avant tout des êtres humains, pas seulement des danseurs. Des personnes qui connaissent vraiment leur corps - les lignes, les points fixes, les isolations – et qui savent se connecter aux autres pour créer des formes géométriques, parfaitement synchronisées avec la musique.

      Beaucoup de danseurs ne savent pas vraiment compter. Tu mets la musique, ils improvisent des choses extraordinaires en freestyle. Mais si tu leur demandes de suivre un compte précis - 1, 2, 3… — certains ne s’en sortent pas.

      Mes danseurs, eux, comptent, tout le temps, du début à la fin du spectacle.

      J’ai une anecdote qui résume bien ça : sur le premier spectacle, je crois que c’était à la troisième ou quatrième représentation, la musique s’est coupée en plein milieu d’un tableau important. Et malgré tout, les danseurs ont continué en silence. Je pouvais les entendre compter derrière moi. Les gens n’y ont vu que du feu. La musique est revenue exactement au bon moment dans la chorégraphie. C’était un problème technique. À la fin, j’ai expliqué au public qu’il y avait eu un petit incident, et ils m’ont répondu : “Ah, ce n’était pas prévu ?”
      Non, pas du tout !

      Vous aviez comme une velléité de réinventer la danse, notamment avec cette dimension géométrique ?

      Sadeck Berrabah : Non, je dirais plutôt qu’il s’agissait de développer ma propre identité. J’ai pris des éléments de différents styles, je les ai travaillés autour des lignes du corps, et j’ai construit mon propre langage, ma propre écriture. Mon objectif était de créer quelque chose que les gens n’avaient pas encore forcément vu, notamment sur le plan musical.

      Le message est simple : venez voir des êtres humains - peu importe leurs couleurs, leurs religions, leurs origines - se rassembler et réaliser ensemble quelque chose de magnifique. C’est ça, le cœur du concept.

      Une sorte de communion géante ?

      Sadeck Berrabah : Oui, exactement. On traverse toutes sortes d’émotions, de tempos, de tableaux. Mon but est vraiment de faire voyager le public. Je suis le premier à aimer ce que je fais, et je pense que c’est pour cela que ça fonctionne.

      C’est une première de présenter l’un de vos spectacles à Orléans ?

      Sadeck Berrabah : C’est vrai. Il y a quelques années, j’étais venu pour une compétition, le HHI, où j’étais jury. Mais là, je viens avec mon propre spectacle. Je suis très fier de pouvoir le présenter à Orléans.

      Propos recueillis par Emilie Cuchet 

      Le spectacle Murmuration Level 2 - chorégraphié par Sadeck Berrabah - est programmé au Zénith d’Orléans :

      * Samedi 28 mars 2026 à 20h30 : représentation unique à Orléans lors de la tournée 2026. 

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