L’histoire d’un perfectionniste, d’un battant devenu phénomène mondial.
Sadeck Berrabah est un chorégraphe, danseur et directeur artistique français, reconnu pour son univers visuel unique basé sur lasynchronisation parfaite des mouvements collectifs.
Dans sa jeunesse, il trouve refuge dans les arts martiaux, ce cadre devient sa colonne vertébrale mentale. Il développe très tôt un goût pour la précision du geste et la discipline du mouvement. Progressivement, il déplace cette rigueur vers le courant artistique et la danse. Sadeck se fait connaître mondialement grâce à une vidéo virale mettant en scène des danseurs exécutant des mouvements parfaitement synchronisés, créant des formes presque hypnotiques. Il a collaboré avec de grandes stars internationales comme Shakira, Chris Brown et les Black Eyed Peas, et participé à des événements majeurs, notamment les Grammy Awards, Les Victoires de la Musique et - grand moment de sa carrière - la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques d'été de Paris 2024.
Son terrain de jeu, c’est la scène. Avec Murmuration, puis Murmuration Level 2, il transforme un groupe de danseurs en organisme vivant. Ce n’est plus juste de la danse : c’est de l’architecture humaine en mouvement. Le spectacle fait escale au Zénith d’Orléans, le 28 mars prochain. Nous avons eu la chance d’interviewer l’hyperactif Sadeck entre deux avions. Rencontre avec un artiste XXL qui a su garder son âme d’enfant.
Vous avez un parcours assez incroyable. Que signifie pour vous tout ce que vous avez accompli et bâti au fil de ces années ?
Sadeck Berrabah : Je vis un rêve éveillé. Je n’aurais jamais pensé arriver à accomplir tout ça dans ma vie. À la base, mon but, c’était d’être intermittent du spectacle. C’était ça, mon objectif. Là, on a dépassé ce rêve.
Comment est né Murmuration Level 2 ?
Sadeck Berrabah : Le premier spectacle était déjà un énorme challenge. Pour le deuxième, j’ai encore placé la barre plus haut. J’ai voulu repousser mes limites.
La première étape, ça a été de trouver les danseurs. On a vu défiler 700 personnes aux auditions. Puis une fois l’équipe choisie, on n’avait que dix-huit jours pour tout construire. Dix-huit jours transmettre ma vision à des danseurs qui ne connaissaient pas forcément l’univers, pour leur faire comprendre le concept et monter tous les tableaux.
Oui, le spectacle a réellement été créé en dix-huit jours, vraiment. Alors forcément j’ai dû faire des choix : laisser idées de côté, simplifier des passages, revoir parfois certaines ambitions.
Mais ensuite, les danseurs ont eu une année entière pour s’immerger dans le projet. Pour intégrer le concept en profondeur, l’inscrire dans leur corps jusqu’à ce que ça presque instinctif.
Ça m’a permis d’y revenir avec plus de liberté. De corriger ce qui me frustrait, d’imaginer de nouveaux tableaux mémorables, de développer et complexifier ceux qui existaient déjà. On a aussi ajouté des accessoires, retravaillé la musique avec mon frère, créé de nouveaux sons. Au final, le spectacle s’est complètement transformé. Il a évolué au point de ne plus rien à voir avec le premier.
D’où son titre Level 2 ?
Sadeck Berrabah : Oui, c’est exactement ça. C’est un peu le premier spectacle… mais en version amplifiée. On y retrouve la base, l’ADN du projet, mais avec de vrais ajouts : des tableaux totalement inédits, des accessoires que je n’avais encore jamais utilisés - des perches, des bâtons, des chapeaux - et un tout nouveau travail autour de la lumière. Il y a plus de couleurs aussi, de tableaux « fleuris ».
J’ai aussi intégré un écran qui reflète en direct ce qui se passe sur scène avec les danseurs, ce qui apporte une dimension visuelle supplémentaire. Pendant une chorégraphie au sol, une caméra zénithale filme depuis le dessus et retransmet tout sur l’écran. Ça me permet même de dessiner directement au sol, et le public voit immédiatement mes dessins se projeter.
Musicalement, il y a un vrai changement. Le premier spectacle était très doux, très poétique au niveau sonore. Là, il y a davantage de hip-hop, quelque chose de plus brut, qui me ressemble plus. C’est un spectacle plus vivant, plus intense, plus audacieux aussi. Une évolution naturelle mais assumée.

