Le nom du tiers-lieu dévoilé
Depuis le 8 avril 2026, la rue de la Chèvre qui Danse accueille la seconde antenne de l’épicerie sociale et solidaire pour étudiants Esope 2, mutualisée avec l’épicerie sociale du CCAS de la Ville d’Orléans, fondée en 1998 et précédemment logée rue du faubourg Bannier. Elle est installée aux côtés de la vestiboutique « Les Pépites solidaires » du Secours Catholique, qui a récemment quitté la rue des Murlins pour rejoindre le centre-ville.
Après plusieurs mois de fonctionnement mutualisé - une organisation qui a nécessité de croiser et d’harmoniser les habitudes de chaque entité et, plus particulièrement, des deux épiceries sociales aux publics distincts - cet espace au service des personnes en situation de précarité a été officiellement inauguré le 22 septembre. Pour l’occasion, des représentants des différentes structures, de la Ville, de la Région, de la préfecture et du diocèse étaient réunis, aux côtés des bénévoles engagés au quotidien auprès des bénéficiaires.
Après le temps des discours, soulignant le caractère inédit et altruiste de cette initiative, une plaque a été dévoilée et l’ensemble des trois structures a été officiellement baptisé « la Place des solidarités », un nom qui avait été voté à la majorité par les équipes. L’ambition est de conjuguer en cette « place » les ressources et de mutualiser les espaces comme les fonctionnements. Une organisation qui, selon les acteurs du projet, ne connaîtrait pas d’autre équivalent en France. Pour Emmanuel Barbier, président d’Esope et responsable de la délégation du Loiret du Secours Catholique, cette démarche répond notamment à un enjeu essentiel pour les étudiants : « Aucun étudiant ne devrait avoir à choisir entre s’alimenter ou réussir ses études. »
Un véritable lieu ressource
Ici, étudiants, familles et personnes en situation de précarité peuvent ainsi trouver une aide, accéder à différentes ressources et effectuer des achats - alimentaires ou vestimentaires - à moindre coût. Le projet porte également une dimension écologique, en limitant le gaspillage alimentaire, en favorisant le recours à la seconde main et en utilisant des locaux existants, alors optimisés.
Pour Lucie Dubuc, responsable d’Esope 2, cette implantation a permis de créer « un véritable lieu ressource » et de renforcer les liens entre les structures partenaires. « Depuis son ouverture, Esope 2 bénéficie de très bons retours des étudiants et travaille, main dans la main, avec les équipes du CCAS », souligne-t-elle. Le partenariat avec le Secours Catholique permet notamment aux étudiants de bénéficier de 50 % de réduction sur les vêtements proposés par la vestiboutique. L’ouverture d’Esope 2 a également suscité l’engagement de nouveaux bénévoles, avec près de 50 personnes venues rejoindre l’équipe pour faire vivre l’épicerie destinée aux étudiants.
Bilan positif pour Esope 2
Chez Esope, les denrées, provenant principalement de la Banque Alimentaire, sont vendues en moyenne 80 % moins cher qu’en grande surface. Étudiante étrangère en master de sciences du langage, Oumnia Zanfi est à la fois bénéficiaire et bénévole. Constatant les difficultés rencontrées par certains étudiants pour subvenir à leurs besoins, elle a souhaité s’engager dans une démarche solidaire et durable. « J’avais envie de venir en aide à l’autre », témoigne-t-elle.
Chaque étudiant peut indépendamment faire ses courses dans chacune des deux épiceries, dans le respect d’un budget mensuel fixé. Une enquête de satisfaction, réalisée en 2025, montre que 89% des étudiants envisagent l’avenir plus sereinement depuis qu’ils fréquentent l’épicerie.
Depuis son ouverture, Esope 2 a accueilli 507 étudiants différents, venus y faire leurs achats à 3 875 reprises. Une implantation au cœur de la ville qui entend ainsi répondre aux besoins des étudiants en situation de précarité, à l’heure où l’Université s’apprête à investir la rue Porte Madeleine à la rentrée 2027.
Mina Qassym
