Toute sa vie, elle a porté, transmis et honoré la mémoire et l’héritage de son père, Jean Zay, assassiné par la Milice le 20 juin 1944.
Elle fut la cheville ouvrière de la création du Cercil – Centre d’études et de recherches sur les camps d’internement du Loiret – installé en 2011 dans l’ancienne école maternelle de la rue du Bourdon-Blanc, mise à disposition par la Ville. Le Cercil a été inauguré le 27 janvier 2011, en présence de Simone Veil, de Jacques Chirac et de Serge Grouard, maire d’Orléans.
Dans ces murs chargés d’histoire, le Musée-Mémorial propose une exposition permanente, un centre de ressources, une salle d’activités pédagogiques et culturelles ainsi qu’un Mémorial en hommage aux 4 400 enfants déportés. Grâce aux recherches historiques menées par les équipes du Cercil sous son impulsion, des générations d’élèves ont pu comprendre, apprendre et ressentir. Le nom, le prénom, l’âge et, lorsque cela est possible, la photographie de chacun de ces enfants rappellent avec force que derrière les chiffres, il y avait des visages, des rêves et des vies.
« Rien de tout cela n’aurait été possible sans la ténacité, l’exigence et le courage d’Hélène Mouchard-Zay. Ce jour de janvier 2011, nous n’ouvrions pas seulement un lieu, nous consacrions un engagement collectif envers la vérité et la mémoire », souligne Serge Grouard, maire d’Orléans.
En 2019, elle avait également relevé le défi de faire revivre à Orléans le premier Festival de Cannes, imaginé par Jean Zay et empêché par le déclenchement de la guerre. Pendant une semaine, la ville a vécu au rythme du cinéma de la fin des années 30.
En novembre 2023, le parc Pasteur a accueilli une œuvre mémorielle inscrivant durablement le souvenir de Jean Zay dans l’espace public orléanais sous la forme d’une grande table de banquet en granit noir, conçue par les artistes Anne et Patrick Poirier.
Conseillère municipale durant douze années, Hélène Mouchard-Zay a incarné un engagement exigeant et une détermination constante à transmettre l’histoire et à lutter contre l’oubli.
« Je l’ai encore entendue le rappeler avec force la dernière fois où nous nous sommes vus : il faut combattre et sanctionner les actes antisémites. Mais il faut d’abord éduquer, déconstruire les préjugés, transmettre l’histoire. Son combat était limpide, inlassable, essentiel : faire naître la génération zéro haine de demain », ajoute Serge Grouard.
Aujourd’hui, Orléans perd une conscience, une voix, une force morale. Son œuvre demeure et continuera de vivre dans la mémoire de chaque enfant qui franchira les portes du Cercil.
La Ville d’Orléans adresse ses condoléances les plus sincères à sa famille et à ses proches.