Orléans'Jazz 2011
actualité du festival
édition 2012
Avant-première
A un peu plus de trois mois d’Orléans’Jazz 2012, le nom du premier invité de la 22e édition est dévoilé. Et quel nom ! Al Jarreau, chanteur jazz et soul américain mondialement connu, viendra enflammer la scène du Campo Santo, en juin prochain. Le vainqueur de sept grammy awards, remportés au cours de quatre décennies différentes, n’est pas un inconnu pour les Orléanais puisqu’il a déjà eu les honneurs du festival en 1994, l’année de Claude Nougaro et Lucky Peterson ! Alternant les styles dans sa musique jazz aux tendances pop et Rn’B, Al Jarreau a su séduire une large audience au fil du temps. Il a sorti en 2009 un « Very best of » dans lequel figurent les titres phares de sa carrière comme « Boogie Down » ou « Moonlighting », générique de la série « Claire de Lune » avec Bruce Willis. Il a aussi collaboré avec des artistes comme Marcus Miller, Joe Cocker, Paul McCartney, Herbie Hancock... Nul doute que la présence de ce grand nom du jazz devrait porter bonheur à la 22e édition du festival !
Envoûtante soirée de clôture
samedi 2 juillet
Envoûtante clôture, monde de musiques et d’émotions Samedi soir, le chanteur tunisien Dhafer Youssef puis Gotan Project se sont produits devant 4.000 spectateurs. Une belle soirée qu’a illuminée le pianiste Tigran Hamasyan, l’une des folles signatures du jazz actuel.
Inoubliable. En ce samedi de clôture du vingt-et-unième Orléans’Jazz, merveilleux concert de Dhafer Youssef, compositeur chanteur et oudiste tunisien qui se produit en quartet avec le pianiste Tigran Hamasyan. En première partie de cette soirée world, les larmes ne peuvent que monter aux yeux à l’écoute de la voix sublime d’un vocaliste qui s’élève en volutes et tournoie. De fait, d’une beauté et d’une musicalité émouvantes, l’art de Dhafer Youssef se trouve magnifié par le jeu du pianiste Tigran Hamasyan dont la conjugaison du lyrisme et de l’énergie est stupéfiante de sensibilité, virtuosité, lyrisme et énergie . Merveilleux est aussi ce bonheur que les musiciens ont à jouer ensemble. C’est rayonnant de plénitude et soulève l’enthousiasme d’un public bousculé et à l’écoute. Rarement Orléans’Jazz aura vécu un tel moment de pureté et se simplicité.
En seconde partie, Gotan Project offre un concert d’une haute élégance. Place à l'alchimie de la voix, des cordes et des cuivres, de l’accordéon et des machines, autant de précieux outils aux mains d’un petit peuple de musiciens éparpillés au pied d’un grand écran de cinéma où sont projetées des images de danseurs et danseuses évoluant à merveille. Sensuel et rétro comme envoûtant est ce spectacle courant de Tango square à Panamericana ou encore Immigrante. A souligner enfin que cette soirée dont Remy Kolpa Kopoul fut le sonore présentateur, s’est ouverte, sur la petite scène du village, par le concert plein de feeling et de bonne humeur du Vallarsa Sextet. Une chanson qui aura à son tour rassemblé. Avec talent et fantaisie.
Jean-Dominique Burtin
Gotan Project et Dhafer Youssef Quartet
samedi 2 juillet
Interview avec les Gotan Project, rois du tango electronico, avant leur concert visuel et percutant de ce soir qui clôturera avec panache Orléans'Jazz 2011 !
Orléans Jazz 2011 : Gotan Project par villeorleans
Lubat et Roy Hargrove, jazz choc et grande classe au Campo
vendredi 1er juillet
Poésie décoiffante, musique hirsute et saisissement, ce vendredi, pour l’avant dernière soirée du festival. Quelque 2000 spectateurs composent un public choisi et conquis.
"Je vous aime beaucoup !" Au terme d’un set où il semble s’infliger dès les premières secondes une pression d’enfer, le trompettiste Roy Hargrove finit par adresser son estime au public français dont il mesure , nous confie-t-il en conférence de presse, qu’il prise infiniment le jazz.
Magnifiquement accompagné par Jonathan Batiste, piano, Ameen Salem, contrebasse, Montez Coleman, batterie , Justin Robinson, sax alto au phrasé d’une souplesse et d’une délicatesse infinies, Roy Hargrove, le garçon new yorkais à la redoutable mélancolie affichée, décoche l’un des grands soirs du festival.
On aimera notamment cet instant où ill s’empare du bugle au son rond et cuivré, se met à chanter et fait basculer le concert dans le plaisir. Pour mémoire c’est sur Never let me go que ce bonheur arrive avec une mélancolie à couper le souffle et une voix qui dit haut et trouble le chagrin fou d’amour. Superbe est aussi la reprise haletante de Strasbourg Saint-Denis, titre spatial tiré de l’album Earfood qui invite à la route et à l’envol.
Enfin, joli rappel offert par ces passants de grande classe. Le parfum y est celui d’une Nouvelle –Orléans bluesy avec parterre qui met l’applaudissement à la pâte pour souligner, admiratif et conquis, la profonde et rythmique poésie d’Ameen Salem à la basse.
"Le jazz est une musique de combat, de résistance et de libération" clame quant à lui dans un sourire le claviériste Bernard Lubat qui, avec sa compagnie, donne un réjouissant programme Chansons enjazzées.
Heureux de travailler avec de jeunes musiciens qui "s’emparent de tout ce qui les touche " et qui le "réveillent", artiste modeste affirmant qu’il "suffit de jouer de la musique pour comprendre qu’on n’y arrivera jamais", Lubat aime se situer "entre raison et imagination".
Citant aussi Kundera, à savoir "être dans le vent est une ambition de feuille morte", il ne cesse de célébrer l’improvisation, se défend de vouloir rassurer les gens et dit haut et fort que le jazz est un "sport avec opposition" .
Patron à Uzeste d’un festival "gasconcubin" et non "jazzconsanguin", Lubat s’est ici entouré d’une équipe de jeunes musiciens, distille à loisir les aphorismes, célèbre "l’improésie à l’infini", fait "courir que le bruit court", se met au clavier et pratique à merveille le scat et la vitupération complice. Mémorable reprise en gascon de Night in Tunisia, de Dizzy Gillepsie. Chaleureuse est enfin son incitation à une Samba gascone et à une Biguine gasconcubine au cœur de ce petit bal qui naît spontanément au pied de la scène.
En résumé, langue d’Oc, jazz hirsute et décoiffant, élégance fébrile et grande classe pour cette avant - dernière soirée du festival audacieusement séduisante. Empathy Trio, composé de Laura Littardi, chant, Giovanni Licata, contrebasse et Serge Merlaud, guitariste qui fut jadis l’invité du légendaire Caveau des Trois Maries de Pierre Richard, ont par ailleurs charmé le village via des standards accomplis de musique brésilienne. Place aussi à une jolie reprise de La Javanaise , de Gainsbourg. D’une douce saveur.
Jean-Dominique Burtin.
Compagnie Lubat Chansons Enjazzées & Roy Hargrove
vendredi 1er juillet
En images : La conf' de presse, les dernières balances de Roy Hardgrove et de Compagnie Lubat Chansons Enjazzées.
Avec Omara et Chucho en communion, le Campo vibre au latin jazz
jeudi 30 juin
Intense, touchante et douce soirée ce jeudi où le pianiste Chucho Valdés et la chanteuse Omara Portuondo vont droit au cœur de 3000 spectateurs. Peu avant , David Murray revisite avec éclat le répertoire de Nat King Cole.
Divine, ébauchant parfois quelques pas fous de danse , Omara Portuondo va droit au coeur des 3.000 spectateurs du Campo Santo. Grande voix de cette musique cubaine qui est avec le jazz une fille de l’Afrique, cette interprète donne en compagnie de Chucho Valdés divers titres d’Omara et Chucho, récent album gorgé d’amour. Place ainsi à l’émouvant Si te contara, à Esta tarde vi llover ou à ce Babalu Aye poussant le public a exulter devant tant de rythme et de douceur.
Ce jeudi, Omara Portuondo, gracieuse, radieuse et malicieuse, l’une des figures de proue de l’inoubliable Buenavista Social Club, soulève l’émotion en rendant hommage à Ibrahim Ferrer sur Dos Gardienias. Nouveau transport du public lorsque qu’elle interprète Si un jour la vie t’arrache à moi, d’Edith Piaf.
Invitant le public à se lever, n’ayant de cesse de saluer les musiciens qui l’entourent, dont bien entendu ce Chuchito qu’elle connaît depuis l’enfance, pianiste qui alterne clavier bien tempéré, fugue et blues avec une éblouissante limpidité, cette artiste lumineuse force avec naturel l’admiration.
En première partie de cette grande scène latin jazz qui ne peut que combler les zazous élégants perspicaces et attentifs, personnalités scintillantes à l’image de celle de Stéphane Kochoyan, David Murray déferle sur Orléans’s Jazz avec son Cuban Ensemble . Le répertoire de Nat King Cole, dont le saxophoniste expose et explose les thèmes est au menu. Suzie Snowflake ouvre le bal décoché par une machine à cuivres extrêmement efficace où le boss officie à merveille côté ballade. De son côté, le trompettiste Elpidio Chapotin se révèle un un impressionnant souffleur, haut en registres et en présence. Par ailleurs, jolis soli basse batterie, de toute pureté, au cœur de la prestation de ces formations.
Peut avant ces deux sets, où la musique gicle fuse émeut et chaloupe de manière contagieuse, Polykrom Jazz fait mouche sur la petite scène du village. Isabelle Sabatier, à la présence séduisante, délivre un jazz vocal tout en puissance et en subtilité. Ici l’on s’abandonne volontiers à des reprises de Summertime ou de la Route 66. A noter : un délicieusement arrogant Come away with me, de Norah Jones, avec Laurent Desmurs au clavier, Pépito Vergara à la guitare, Thierry Tavernier à la batterie, Max Cornelie à la basse.
Bref, voici une belle seconde journée de nostalgie dans un Campo Santo béni des cieux, bel écrin où le public continue de plébisciter un jazz charnel pétri de sens et festif.
Jean-Dominique Burtin.
Retransmission en live sur TSF JAZZ
à partir de 20h30
Ecouter en direct sur TSF JAZZ, les concerts de jeudi soir avec Omara Portuando & chucho Valdes ainsi que David Murray avec son Cuban Ensemble à partir de 20h30.
Conférence de presse avec Omara Portuondo & Chucho Valdes
le 30 juin
Rencontre en conférence de presse avec Omara Portuondo et Chucho Valdes qui se retrouvent avec émotion après 14 années sans collaboration et David Murray présent au Campo Santo avec le Cuban Ensemble.
En images : La conf' de presse, les dernières balances et les photos du concert de Polykrom Jazz, de David Murray ainsi que de Omara Portuondo & Chucho Valdes
Bobby McFerrin, lumineux et magnifique vocaliste, enchante le Campo Santo
mercredi 29 juin
Longue et belle soirée d’ouverture ce mercredi au pied de la cathédrale pour 3.600 spectateurs. Ovation debout pour le trio de Laurent de Wilde. Admiration et ferveur pour Bobby McFerrin et le batteur Manu Katché. Pur bonheur.
« Lorsqu’il arrive, les musiciens atteignent les étoiles », tels sont les mots du jazzman François Lacharme qui, aux côtés de Stéphane Kochoyan, directeur artistique, introduit ce mercredi le concert de Bobby McFerrin, seconde, voire même troisième partie d’une longue soirée d’ouverture d’Orléans’Jazz, idéale et radieuse.
Vocaliste à la profonde et féminine tessiture, Bobby McFerrin donne un concert magnifique, doucement percutant, empli d’humour tendre et souriant. Escorté comme à la parade par Tore Brunborg au sax, Alfio Origlio aux claviers, Laurent Vernerey à la basse électrique et par Manu Katché, batteur à l’étincelante et précieuse efficacité, il ravit. Conjuguant scat velouté et brin de saudade âpre à souhait, il fait naître une écoute d’exception dans un cloître où l’on entendrait voler un souffle. Remarquable de poésie est la reprise, avec de subtiles variations d’« Un été 42 », musique de Michel Legrand ou de ce fameux « Round about midnight » qui n’en finit pas de charmer à perpétuité les amoureux de l’atmosphère Miles.
Enthousiasmant de musicalité, chef de chœur qui badine avec le public sur Bach, Gounod, Ravel et son « Boléro », musicien qui pénètre le parterre pour inviter qui veut à prendre un chorus personnel, cet artiste se montre rayonnant de plénitude, facétieux et couvrant un large spectre de styles musicaux . Il s’étage avec bonheur de la psalmodie bien tempérée de l’Afrique au « Get back » des Beatles. Beau message par ailleurs avec ces paroles: “All we need in this world is a time for peace, a time of life, a time of love”. Enfin, délicieuses scansions a cappella et superbe échappée belle entre le chanteur et son batteur en brûlante osmose.
Joli message également en première partie de grande scène avec le pianiste Laurent de Wilde qui ouvre sur un titre de Sinatra invitant à croire en l’avenir meilleur d’un monde qui bat souvent de l’aile : « The best is yet to come ». Plus tard encore, Laurent de Wilde, en compagnie de Laurent Robin à la batterie et de Jérôme Regard à la contrebasse, interprète « Le présent », titre s’appuyant sur la phrase « Yesterday is history, tomorrow is a mystery, today is a gift ». Plénitude et optimisme emplis de compassion sont ainsi à l’affiche d’un set ciselé et délicat, musicalement excitant, nourri de rebonds et de feeling. Il conjuguera jazz mélodieux, effréné, clin d’œil au reggae et hommage contagieux au blues sur « Late late blues ». Résultat : public debout et enthousiaste, chaleureux, empli de liesse et de quiétude.
Par ailleurs, bonne entrée en matière avec, sur les coups de dix-neuf heures, la prestation du trio Briant/Decolly/Hurault, piano basse batterie sur la petite scène du village conçue par ABCD. Ces musiciens d’Orléans viennent à leur tour confirmer, avec un jazz empli de couleurs, d’humeurs et d’audace, l’excellence du vivier régional. Bref, belle première journée sur le Campo Santo où, sur la pelouse et dans les coulisses, on parle volontiers du succès du groupe tourangeau Groove Catchers, second lauréat du tremplin jazz 2011, programmé le 24 juin sur Place au jazz Bourgogne et qui vient d’être couronné au concours national de jazz du Défense jazz festival .
Après tous ces succès, ces coups de cœur et ces confirmations, place aujourd’hui, sur la grande scène, à Omara Portuando, Chucho Valdès et David Murray. Place aussi au Polykrom Jazz qui se produit sur la scène du village. Avec notamment Laurent Desmurs aux claviers et Pepito Vergara à la guitare. Des retrouvailles très attendues avec le public orléanais et d’ailleurs. Juste avant que le jazz cubain ne fasse courir de grands frémissements.
Jean-Dominique Burtin.
Première soirée au Campo Santo
mercredi 29 juin
Des images de la conférence de presse de Bobby Mc Ferrin, Manu Katché et Laurent De Wilde. En soirée, les premières notes résonnent au Campo Santo : le trio Briant / Decolly / Hurault sur la scène du village et Laurent de Wilde Trio sur la grande scène. Bobby Mc Ferrin enchaîne devant 3600 spectateurs, accompagné du batteur Manu Katché et son band.
Ecouter l'interview de Briant / Decolly / Hurault lors de l'ouverture sur la scène du village réalisé par Julien Weiss pour Radio Campus
Place au Jazz Bourgogne : la création pour souffle conducteur
dimanche 26, lundi 27, mardi 28
De Place au Jazz Bourgogne qui vient de s’achever ce mardi sur un nouveau concert du vibraphoniste Benoit Lavollée, artiste irriguant de son art le flux d’un jazz contemporain de belle stature, on retiendra, outre l’hommage aux talents locaux, le souffle de la création. Bonheur ainsi, ce dimanche, au Temple, avec un programme Machaut où le quartet de saxophonistes emmené par Quentin Biardeau revisite La Messe de Nostre Dame, œuvre polyphonique à quatre voix de Guillaume de Machaut, compositeur du XIVe siècle. Réalisation inscrite dans de programme de travail de l’association libre Les bâtisseurs de ponts hébergée et aidée par l'école Musique et Équilibre, Machaut se révèle d’une grande puissance musicale et hautement inspirée. "Kyrie", "Gloria", "Credo" et "Ite missa" est se succèdent avec flamme. Le quartet, aux cycles hypnotiques n’est pas sans rappeler le souffle d’un orgue à quatre voix. Il fera un triomphe.
Beau concert encore, ce lundi, de Pascal Maupeu, guitariste qui délivre avec une solitude sensible et exemplaire son "Folk Standards" roadmovie empli de profondeur, de délicatesse et de spatialité sur fond de musique jazz, blues et country.
Grand moment enfin, ce mardi, avec le Bernollin Roads Quartet qui donne un programme de compositions fiévreuses, calines et sous tension, toutes inspirées de la vie de Jack Kerouac, le "Jazz Poet" des années 50 dont des bribes d’interviews sont ici diffusées. Voici une sensibilité et un allant à couper le souffle.
Magnifiquement entouré par David Sevestre aux saxophones ténor et alto, Marc Bollengier à la contrebasse et Adrien Chennebault à la batterie, Antoine Bernollin distille de délicieux comme langoureux "At home for christmas" , "Views from India" , ou un "There must be a Time Square on Mars" d’une vélocité enchanteresse. Bref, le batteur fait ici montre comme à son habitude d’une folle et précieuses richesse d’invention, le contrebassiste est d’une efficacité personnelle de chaque instant , et le saxophoniste, poussée en première ligne de la manœuvre, se livre à une prise de parole exemplaire. Il assumera par ailleurs, avec une belle modestie, la place de sideman. Tout au long de ce concert on naviguera ainsi entre slow affûté et saisissante dynamique. A l’issue du set, ovationné, Antoine Bernollin revient sur ce projet né il y a deux ans.« Je voulais établir une connexion entre le jazz d’aujourd’hui et le Kerouac d’hier. Notre moteur a été l’énergie qu’il y a dans cette écriture , cette prose spontanée. Ce projet, je ne voulais et ne pouvais le mener qu’avec ces musiciens. C’était eux et personne d’autre car il s’agit de réagir à une écriture accordant une grande part à l’énergie et à l’aventure. Ce qui est très important est l’écoute car la pensée musicale fuse ici à toute vitesse. »
Aujourd’hui mercredi 29, après les concerts de Place au jazz Bourgogne et ceux de l’Evêché, ceux du Campo Santo vont s’ouvrir. Avec peut-être un lien de parenté subliminale . Pour la petite histoire , le groupe Ceux qui marchent debout a , en effet, ouvert les concerts de l’Evêche sur "Dont’ you be so worry" paroles extraites du titre "Don’t stay by me". Quant à Bobby Mc Ferrin, l’homme du fameux "Don’t worry be happy" … il sera quant à lui l’un de ceux qui ouvre le bal de la grande scène au pied de la cathédrale.
Jean-Dominique Burtin
Ecouter l'interview de EAT réalisé par Julien Weiss pour Radio Campus
Ecouter l'interview de 4,5G/Richter réalisé par Julien Weiss pour Radio Campus
Clôture à l’Evêché sur des rythmes cubains
Samedi 25 juin
C’est avec brio et dans la bonne humeur que le rideau a été tiré sur le jardin de l’évêché, édition 2011, samedi soir. En première partie de soirée, le public a applaudi avec ferveur le Théo Ceccaldi Trio. Les lauréats du dernier Tremplin Orléans’ Jazz, emmené par un Théo génialissime et survolté, au violon, ont fait honneur à leur titre remporté à l’Astrolabe en mars dernier. Créé il y a tout juste quelques mois, leur trio à cordes tout en énergie et en panache en a étonné et ravi plus d’un. On parie qu’on les reverra très vite sur le festival !
Place ensuite, sous un soleil radieux, à un envoûtant collectif de 10 musiciens cubains, rois du Timba Funk. A n’en point douter, Interactivo, auréolé de ses claviers, drums, basse, trompette, percussions, saxophone, guitare et trombone, a mis le feu sur la scène du jardin, le public, debout, leur réservant une véritable standing-ovation. Irrésistible machine à danser, le groupe a la particularité d’être composé de jazzmen, raperos, salseros et interprètes de soul. Un mélange détonnant pour un cocktail de fraîcheur qui n’a laissé personne indifférent. Pour clore la soirée en beauté, l’association ABCD a organisé un bœuf, à la belle étoile, avec des musiciens locaux. Un parfum de nostalgie déjà guettait les festivaliers mais pas de panique, Place au Jazz Bourgogne se poursuit jusqu’à mardi et mercredi, les stars du Campo Santo entrent en scène.
Emilie Cuchet
Avec Electro Deluxe l’Evêché tangue de plaisir
le 24 juin - Nouvelle folle journée, ce vendredi. Charme chic et choc de la pop et du funk au Jardin du festival. Ouverture aussi très réussie de Place au Jazz Bourgogne.
Mordant sensuel. Première jolie voix de femme ce vendredi midi sur le Jardin du festival dans le cadre des rencontres entre conservatoire et Jazz à Tours. Sous la conduite du vibraphoniste Benoit Lavollée, grand distillateur d’atmosphères musicales, Jessica Hate, chanteuse orléanaise, donne notamment un Lullaby of Birdland d’une agréable facture. On adore toujours autant ce fameux kiss me sweet que chantaient Ella Fitzgerald et Sarah Vaughan. Par ailleurs, en l’absence du pianiste Gilles Theureau, empêché, place à des citations de Dave Holland ou à une reprise de Smash, pièce du contrebassiste et compositeur Avishai Cohen.
Ce vendredi marquant l’ouverture de Place au jazz Bourgogne concocté par les associations O‘Jazz et Le nuage en pantalon, les navettes entre l’Evêché et le Temple se multiplient. Ouverture des festivités place Saint-Pierre Empont avec Groove Catchers , crew de Tours qui signe des compos effrénées dont cette bienvenue Starting block.
Toujours place Saint-Pierre Empont ,rendez-vous festif avec le saxophoniste Alain Vallarsa qui termine un set ensoleillé sur une ludique Batucada appelant un public chaleureux à participer. Blues encore avec Hobo, son Ain’t no sunshine de Bill Withers ou ce Louisiana, composition en hommage à La Nouvelle-Orléans. A noter : la belle présence de l’harmoniciste Bruno Lesimple que l’on retrouve aussi sur l’efficace groupe orléanais Chilli Dogs.
Véritable événement de la journée est le concert donné en fin de soirée à l’Evêché par Electro Deluxe qui succède au trio Sidony Box et à son Pink Paradise.
En grand maître de cérémonie chic et choc, le chanteur soul blues James Copley évolue au cœur de soufflants redoutables dont le trompettiste Guillaume Poncelet et le saxophoniste Thomas Faure. Place , à la nuit tombante, au charme accrocheur de l’electro jazz funk et du groove. Petit à petit le jardin, noir de monde, se met à tanguer de bonheur éclaboussé par un irrésistible et radieux Stayng alive, l’une des chansons mythiques des Bee Gees.
Bref, houle et foule ce vendredi pour une épatante escale de la croisière d’Orléans’Jazz. A noter, dans un tout autre registre: la délicatesse du groupe Barok, qui, sur la petite scène ouverte de l’association ABCD a assuré un chaleureux after. En résumé, à tous les coins de rue et du jardin, nul ne boude le bonheur des rencontres.
Jean-Dominique Burtin
Ecouter l'interview d'Electro Deluxe réalisé par Radio Campus
Intenses et souriantes leçons de jazz à l’Evêché
jeudi 23 juin 2011
Jeudi midi, Sandra Nkaké ravit le jeune public. En soirée, le Lavollée Dubreuil Larmignat Trio, puis, le Géraldine Laurent Quartet charment le jardin. Folle sensibilité et engagements.
Superbe leçon de jazz buissonnier ce jeudi midi avec Penda, conte musical ébouriffant, offert à près de 800 scolaires par la chanteuse Sandra Nkaké, accompagnée par le flûtiste Jérôme Dru et Mathieu Ouaki, à la cithare et à la guitare. Par le biais ludique de l’histoire du professeur Folimage qui prie les musiciens Black et White de retrouver la paire de lunettes de soie qui permet de voir la vie en rose, les musiciens invitent à découvrir le jazz et à capter « le sens du son » via d’épatantes adaptations de La mauvaise réputation de Brassens, du Petit bal perdu immortalisé par Bourvil ou d’un peu de Tom Waits audacieusement glissé dans le creux des petites oreilles. Ce jeudi, enfants et grands trouvent leur compte dans ce spectacle qui transforme le jardin du festival en pétillant dancefloor.
Par ailleurs, pas question de bouder son plaisir en début de soirée avec le Lavollée Dubreuil Larmignat Trio. Premier Prix du Concours international de jazz de la Défense, Benoit Lavollée (vibraphone et marimba), somptueusement escorté par Nicolas Larmignat (batterie) et Baptiste Dubreuil (claviers et composition), livre en live l’excellence de l’énergie contenue dans son premier album de musique progressive qu’il vient de publier avec le soutien de l’association O’Jazz. Ici, on se passionne et on se laisse emporté par la musicalité de la tension que fait naître le vibraphoniste, par l’étincelante et la phénoménale qu’apporte Nicolas Larmignat. Intense et poétique spatialité enfin avec un Baptiste Dubreuil au meilleur de sa forme, incitant à d’harmonieuses déchirures. Bref, un set étourdissant de sensibilité spectaculaire couvé à la perfection, à la régie, par Mathieu Pion, ingénieur du son.
Jusque tard dans la soirée le quartet de la saxophoniste Géraldine Laurent captive les amoureux des grands et simples instants de jazz d’anthologie. Entourée de Pierre de Bethman, piano, Yoni Zelnik, contrebasse et Franck Agulhon, batterie, Géraldine Laurent décoche les premiers chorus tels des geysers généreusement et spontanément applaudis par un public conquis. Celle qui est déjà venue jouer avec Aldo Romano à l’Evêché retrouve le lieu avec bonheur et générosité et délivre un concert empli de densité, de couleurs et de climats. Fluide précision et rythme au fil de longues plages. Voici donc un concert, sobre pochette surprises où les timbres, charnues secs ou moelleux, ne cessent de jaillir avec, entre autre, un très joli Brilliant Corners, de Monk, ou la ballade Glad to be unhappy de Richard Rodgers révélée en son temps par Billie Holiday. Ce jeudi, mention spéciale à Pierre de Bethmann qui, pour son seulement troisième concert depuis quatre mois suite à une fracture de la clavicule nous aura enchanté.
Heureuse et détendue, Géraldine Laurent parle un peu de ce concert où elle n’a de cesse d’être à l’écoute : « Pierre de Bethmann revient en très grande forme, c’est un grand musicien et j’espère que ce soir il ne s’est pas fait mal… La tension en quartet est moins importante qu’en trio. Il y a des moments de repos qui me permettent d’écouter mes collègues. J’adore ça car je suis leur premier public… J’aime le travail de l’improvisation sur des thèmes de l’histoire du jazz et je n’aurai jamais assez de ma vie pour jouer avec… Pour moi, chaque concert est différent et je trouve assez beau qu’il corresponde à un sentiment du jour. »
Ce jeudi soir, envers cette grande dame, le sentiment était pour le public celui de la reconnaissance. Abdou Mboup, percussionniste de Michel Petrucciani, présent dans le public, aura lui aussi apprécié.
Jean-Dominique Burtin
Fiona Monbet et Thomas Enhco à l’Evêché
furieuse délicatesse et fraîcheur - mercredi 22 juin 2011
La violoniste et le pianiste, révélations du jazz d’aujourd’hui et promesses de celui de demain touchent, ce mercredi, le cœur de l’Evêché. Avec virtuosité et intimisme.
Jeune violoniste franco irlandaise qui fut en son temps l’une des ambassadrices de l’école de musique Didier Lockwood, Fiona Monbet donne, ce mercredi soir, en première partie du Thomas Enhco Trio, un récital jazz d’une merveilleuse intensité. Au côté des reprises de Take Five ( Dave Brubeck) ou du chatoyant Ménilmontant (Trénet), on adore ces Flights of the Earls et Closing Theme, compositions de la violoniste qui émeut l’évêché. Assurément, de ce Fiona Monbet Quartet qui sortira à la rentrée prochaine son premier album éponyme, on retient essentiellement cette alchimie des plus rares entre musique e classique et jazz. Jeune artiste au jeu épuré, inspiré et virtuose, jeune femme discrète mais cependant incisive sur le Bahia de Monk où le contrebassiste Ronan Courty se montre partculièrement facétieux et explosif, Fiona Monbet, amoureuse de son instrument, n’a de cesse d’en magnifier le son.
Pour sa troisième venue à Orléans depuis 2006 et allant à son tour à l’essentiel le jeune pianiste Thoma Enhco se produit en trio avec Nicolas Charlier à la batterie et Florent Nisse, contrebassiste remplaçant Chris Jennings initialement annoncé à la contrebasse. Conjuguant abstraction et effervescence , le pianiste donne des compositions personnelles telles que La fenêtre et la pluie ou ce You are just a ghost pièce d’une infinie poésie qui enchante. Belle allusion encore au prenant My funny Valentine de Richard Rodgers et beau rappel sur le Love de John Lennon, dernier message d’une journée où de jeunes musiciens emplis d’espoirs tiennent déjà de merveilleuses promesses. Avec une furieuse délicatesse , simplicité et élégance.
Toujours au chapitre des coups de cœur, on retiendra également, pour ce mercredi, le concert donné le midi sur le thème Esquisses par l’association Musique et équilibre et le conservatoire. Le cours des choses, pièce de Stéphane Durand dans une interprétation signée Thierry Leu (contrebasse), Pauline Dhuisme et Laure Borettaz (violons), s’inscrit d’ores et déjà parmi les instants de grâce de l’histoire du Jardin du festival. Swing in memory of K. Serocki , de Steven Kovacs Tickmayer, composition narrative qui flirte par un instant avec une pop tonique à souhait ne peut que ravir. Un délice.
Jean-Dominique Burtin
Ecouter l'interview de Fiona Monbet réalisé par Julien Weiss pour Radio Campus
Lancement en fanfare d’Orléans Jazz 2011
mardi 21 juin 2011
Le festival de jazz 2011 a débuté hier soir sur les chapeaux de roue, alors que la fête de la musique battait son plein partout en centre-ville. Comme le veut la tradition, c’est avec le jardin de l’évêché et ses soirées estampillées « lauréats du monde » qu’ont démarré les festivités. Au programme de cette première soirée : rythmes traditionnels africains mâtinés de folk et de blues avec Fatoumata Diawara et show survolté et électrique avec les pionniers des fanfares modernes, Ceux qui marchent debout.
Naturelle et spontanée, la belle Fatoumata a ouvert le bal de cette 21è édition. Avec elle, la bonne humeur et la chaleur étaient au rendez-vous. Accompagnée de ses musiciens « virtuoses », l’artiste multi-facette qui maîtrise aussi bien le chant que la guitare a livré une prestation généreuse mêlant, en toute harmonie, voix langoureuse, rythmes entêtants et chansons mélodieuses. Le folk wassoulou n’a désormais plus de secrets pour les Orléanais ! Puis à 21h, Ceux qui marchent debout, groover et globe-trotter infatigables, ont débarqué sur scène - et au milieu des spectateurs - avec leurs instruments venus tout droit de la Nouvelle-Orléans des années 20 (vieux banjo, antique soubassophone, batterie, trombone et trompette) et leurs arrangements funky. Leur objectif : enflammer le public et le faire danser le public jusqu'à lui donner le tournis ! Mission accomplie, ambiance de folie pour ces premiers concerts placés sous le signe du partage. Orléans'Jazz 2011 est sur orbite !
Orléans'Jazz 2011
21 juin - 2 juillet
Cette année, les plus grands artistes dont ROY HARGROVE et BOBBY MCFERRIN (qui se produira exceptionnellement pour Orléans’Jazz avec MANU KATCHE et son groupe) feront vibrer les scènes du Jardin de l’Evêché, du quartier Bourgogne et du Campo Santo. Pour la première fois en 2011, le jeune public ne sera pas en reste...
pratique
parkings
La Mairie d’Orléans rendra l’accès gratuit aux parkings avoisinant les sites de concerts pendant le Festival Orléans’Jazz. Pendant le Jardin de l’Evêché, le parking public de l’Hôtel de Ville sera gratuit du mardi 21 au vendredi 24 juin de 17h30 à minuit et le samedi 25 juin de 17h30 à 2h du matin. Pendant le Campo Santo, seront ouverts gratuitement au public le parking de l’Hôtel de Ville du 29 juin au 2 juillet, de 18h à 3h du matin et le parking de la Cathédrale du 30 juin au 2 juillet de 18h à 3h du matin également.