Orléans
hier
personnages célèbres
Roger Toulouse (1918-1994)
peintre, sculpteur, illustrateur et poète
"Monsieur, votre peinture m'intéresse, venez à Saint-Benoît". C'est en ces termes que Max Jacob, qui vient de découvrir quelques toiles, s'adresse à Roger Toulouse. De leur rencontre naît une amitié complice et durable.
Esprit indépendant et non-conformiste, Roger Toulouse, curieux de tout, parrainé par Max Jacob, est présenté à Picasso. Sa production est achetée par Gertrude Stein et la colonie américaine de Paris. Pourtant, le peintre ne se laisse pas griser par le succès. Au contraire, il se retire à Orléans où, patient, laborieux et tourmenté, il se livre à l'exigeant métier de son art.
Figuratif par tempérament, il se livre à une quête très personnelle, à l'écart des courants et des modes. Il invente une grammaire faite de signes géométriques qu'il applique aux objets, aux scènes de la vie quotidienne ou aux personnalités qu'il admire.
Peintre et poète, professeur et sculpteur, Roger Toulouse a tenu à rester l'artisan modeste d'une production tournée vers ses semblables.
Maurice Genevoix (1890-1980)
romancier, secrétaire perpétuel de l'Académie Française
Maurice Genevoix, né en 1890 à Decize , arrive à Châteauneuf - sur - Loire. Comme tous les jeunes gens de sa catégorie sociale, sa route scolaire semble toute tracée : école primaire, cours secondaires à Orléans, puis études supérieures. Il imagine aisément une carrière pédagogique, par exemple celle de professeur à l'étranger. Par conséquent, il intègre le lycée Lakanal à Paris et se présente au concours d'admission à l'Ecole Normale Supérieure où il est admis en 1911. Si la guerre le surprend dans ce milieu studieux, et lui impose brutalement ses tranchées boueuses, ses assauts meurtriers , son enfer de balles et ses tueries, elle lui apporte aussi une vocation : l'écriture.
C'est au sortir de la guerre et après y avoir été grièvement blessé qu'il s'adonne à l'écriture. Eloge de la nature ligérienne, Raboliot lui vaut le prix Goncourt en 1925. Il voyage beaucoup à travers le monde. Il en tire plusieurs romans tel Fatou-Cissé. En 1946 il entre à l'Académie Française. Il en deviendra plus tard le secrétaire perpétuel. Au soir de sa vie il publie trente mille jours, réflexion désabusée sur une existence qui s'achève. " Si libre que l'on se soit voulu, si confiant que l'on soit resté , l'heure venue de la décision et du choix , dans l'instinct qui nous anime on ne choisit jamais qu'entre des murs , murs- lycées, murs- guerre, murs - blessures " . Il meurt en septembre 1980 à l'âge de 90 ans.
Jeanne Champillou (1897-1978)
musicienne, peintre, graveur et céramiste
Née à St Jean de Blanc en 1897, artiste complète : musicienne, peintre, graveur et céramiste, femme libre et indépendante, elle restera toute sa vie attachée à l’Orléanais. Tout en travaillant la musique, elle entreprend l’étude du dessin, de la peinture, puis de la gravure dès 1916. Elle explore les faubourgs et campagnes à bicyclette réalisant des portraits de paysans, scènes de moisson, de vendange ou de marché. Peintre réaliste et humaniste, elle fait toujours référence au bon sens hérité des ses ancêtres.
En 1947, elle ouvre un atelier de céramique, dans la maison familiale faubourg Bannier, à Orléans, passant très vite de l’imagerie populaire sur des petites pièces aux décors architecturaux d’églises, d’édifices publics ou privés.
Peintre du Val de Loire, céramiste de la reconstruction, elle s’éteint, à Orléans, le 22 mai 1978.
Le style de cette autodidacte ne se rattache à aucune école. Son dessin rapide, précis et puissant est juste.
Georges Bataille (1897-1962)
écrivain, conservateur de la bibliothèque municipale d´Orléans de 1951 à 1962
Né le 10 septembre 1897 à Billom, dans le Puy-de-Dôme, Georges Bataille est le deuxième fils d'un père syphilitique, aveugle et bientôt paralysé. Après de médiocres études à Reims, il obtient son premier baccalauréat à Épernay en 1914 et, dans un entourage irréligieux, se convertit au catholicisme. La guerre éclate, le père est abandonné sous les bombes - il mourra en 1915 -, Bataille suit sa mère dépressive. Au séminaire de Saint-Flour où il est entré, il rédige un éloge fiévreux de la cathédrale de Reims (Notre-Dame de Reims ) dont Denis Hollier a montré le rôle secrètement fondateur dans l'ouvre de l'écrivain. Renonçant au séminaire, Bataille entre en 1918 à l'École nationale des chartes. Blessé par une déception amoureuse, il reste tenté par la vie religieuse, fait des recherches à Londres, séjourne chez les bénédictins de l'île de Wight et perd définitivement la foi.
Il participe à la révolution surréaliste des années 20 en transcrivant des poèmes médiévaux puis rompra finalement avec ce mouvement en 1936. Parallèlement à l'écriture il mène une carrière à la bibliothèque nationale. C'est en 1951 qu'il devient conservateur de la bibliothèque d'Orléans. Sa santé se dégrade assez rapidement ; il meurt en 1962. Parmi ses ouvres Le Bleu du ciel, L'Erotisme ou bien encore La Littérature et le mal.
Roger Secrétain (1902-1982)
journaliste, écrivain et maire d'Orléans
Né à Orléans dans une famille modeste, Roger Secrétain eut une jeunesse active, partagée entre le violon, le sport et divers engagements, particulièrement dans le journalisme. Il venait d'être nommé rédacteur en chef du Républicain orléanais lorsque la guerre l'amena à entrer dans la Résistance (réseau Libération Nord).
À la Libération, il prit la direction d'un journal, La République du Centre, qu'il assuma jusqu'à sa mort. Il fut député du Loiret de 1951 à 1956.
Il se consacra ensuite à la vie municipale en étant maire d'Orléans de 1959 à 1971. Grâce à son action, la ville connut une expansion remarquable avec notamment la création du quartier de la Source ; elle retrouva son université, obtint d'être le siège d'académie et fut élevée au rang de capitale de région. Le quartier gare fut aménagé, le Musée des Sciences naturelles construit.
Mais la littérature était la véritable passion de Roger Secrétain, qui fut un critique et un écrivain de grande qualité et fonda à Orléans le Centre Charles Péguy.
Jean Zay (1904-1944)
homme politique député et ministre, assassiné par la milice
Jean Zay Jean Zay est né à Orléans en 1904, d'un père journaliste et d'une mère institutrice. Brillant élève boursier au lycée Pothier, puis étudiant en droit, mais aussi passionné de littérature et de journalisme, il écrit dans le Progrès du Loiret et anime une revue littéraire, le Grenier.
Avocat en 1928, député radical du Loiret en 1932, il est réélu en 1936. À 32 ans, il est nommé ministre de l'Éducation Nationale et des Beaux-Arts dans le gouvernement de Front populaire. Il démocratise et modernise le système scolaire français. Il crée le Musée de l'Homme, le festival de Cannes, le Musée d'Art Moderne, il réorganise les théâtres nationaux, développe la lecture publique et est à l'origine du CNRS.
Engagé volontaire en 1939, il s'embarque sur le Massilia en juin 1940 avec les parlementaires opposés à l'armistice. Vichy le condamne, en octobre 1940, à la déportation à perpétuité : comme ministre radical, juif et franc-maçon, il symbolise en effet tout ce que ce régime déteste. Emprisonné à Riom, il est assassiné dans un bois par des miliciens, le 20 juin 1944, à Cusset, dans l'Allier.
Pierre Segelle (1899-1960)
homme politique
Député socialiste du Loiret de 1945 à 1958, ministre à deux reprises, maire d’Orléans de 1954 à 1959, Pierre Ségelle est une figure centrale de la vie politique orléanaise de l’après-guerre.
Fils d’un médecin militaire, il naît à Médéa (Algérie) en 1899. Après des études de médecine, il s’installe en Sologne, puis à Orléans. En 1938, il abandonne son cabinet privé pour se consacrer à la médecine sociale.
Entré pendant la Seconde Guerre Mondiale dans le mouvement de résistance Libération-Nord, il est arrêté en 1943 puis déporté. Il s’engage à son retour dans l’action politique. Au plan national, il s’illustre comme fondateur de la sécurité sociale et comme inspirateur du SMIG, ancêtre du SMIC actuel.
À Orléans, il poursuit activement l’oeuvre de reconstruction et de modernisation entreprise par son prédécesseur Pierre Chevallier. Sous son mandat de maire voient le jour un important programme de construction de logements sociaux, la renaissance des transports urbains, la reconstruction du pont Joffre, le développement du réseau de voirie et d’assainissement.
Affaibli par la maladie, Pierre Ségelle abandonne la vie politique. Il meurt à Paris le 8 octobre 1960.
Antoine Mariotte (1875-1944)
compositeur, chef d'orchestre et pianiste
Compositeur, chef d'orchestre et pianiste, il fut directeur du Conservatoire d'Orléans de 1920 à 1936.
Né en Avignon et mort à Paris, il abandonna en 1897 sa jeune carrière d'officier de marine pour se former auprès de Vincent d'Indy à la Schola Cantorum. Chef d'orchestre à Saint-Etienne, professeur de piano au Conservatoire de Lyon de 1902 à 1919, il est appelé pour diriger le Conservatoire d'Orléans, nouvellement promu Ecole nationale de Musique après rapport de Paul Dukas.
La Société des Concerts du Conservatoire, qu'il crée en 1921, donnera 155 concerts jusqu'à ce que Mariotte soit nommé en 1936 à la tête de l'Opéra-Comique. Auteur de six opéras, d'Impressions urbaines pour orchestre, d'une sonate pour piano et de diverses oeuvres symphoniques ou de chambre, Mariotte était surtout resté jusqu'à présent dans l'histoire de la musique comme le concurrent malheureux de Richard Strauss dans l'obtention des droits d'adaptation lyrique sur la Salomé d'Oscar Wilde. Postérieure de trois ans à celle de Strauss, la Salomé de Mariotte date de 1908 et n'avait plus été jouée depuis des représentations à la Gaîté-Lyrique à Paris en 1910.
Redécouverte en parallèle avec sa rivale à l'Opéra de Montpellier en novembre 2005, elle y a reçu un accueil élogieux qui réhabilite de manière inattendue le talent véritable du compositeur français.
Max Jacob (1876-1944)
poète
Né à Quimper, dans une famille juive non pratiquante de commerçants aisés, Max Jacob délaisse ses études de droit à Paris et l’Ecole coloniale pour se consacrer à la littérature et à la peinture.
En 1901, il rencontre Picasso avec qui il noue une amitié indestructible. Les deux artistes dominent au Bateau-Lavoir, dans une atmosphère excentrique devenue légendaire, les avants-garde cubistes et construisent les principes de l’art moderne. En 1918, paraît le Cornet à dés qui fédère la jeune génération littéraire (Aragon, Breton, Soupault, Malraux, Reverdy…) et crée un style et des procédés poétiques radicalement nouveaux (écriture automatique, poèmes en prose…). Mais, souhaitant « fuir Paris et ses attraits », Max Jacob se retire à St- Benoit - sur - Loire de 1921 à 1927, puis définitivement en 1936. Cette seconde période est marquée par une vie de méditation et la rencontre avec une nouvelle génération d’artistes (René - Guy Cadou, Michel Manoll, Marcel Béalu, Roger Toulouse , Michel Leiris…) auxquels le poète consacre une puissante correspondance pédagogique et affectueuse.
Victime des persécutions raciales, il est arrêté par la Gestapo le 24 février 1944 puis conduit au camp de Drancy où il meurt le 5 mars.
Max Jacob laisse à l’art du XXeme une œuvre poétique, romanesque, théâtrale et picturale importante et rare dont témoignent aujourd’hui les fonds prestigieux de la médiathèque et du musée des Beaux Arts d’Orléans. Le poète est enterré à St-Benoît où il souhaitait reposer.
Marcel Proust (1871-1922)
il effectua son service militaire à Orléans de 1889 à 1890
Marcel Proust Né le 10 juillet 1871 à Paris, Marcel Proust a fréquenté les bancs du lycée Condorcet dans la capitale. C'est à Orléans qu'il effectue son service militaire au 76 ème régiment d'infanterie. Après une année sous les drapeaux il reprend ses études à l'école des sciences politiques. Il obtient sa licence en droit en 1893. Jean Santeuil , son premier roman est rédigé vers l'âge de 25 ans. Une ouvre posthume puisqu'elle ne sera publié qu'en 1952 soit trente ans après sa mort. De 1905 à 1912 il s'attèle à la rédaction de sa célèbre trilogie A la recherche du temps perdu.
Charles Péguy (1873-1914)
écrivain, poète et essayiste
Fils d’un menuisier et d’une rempailleuse de chaises, Charles Péguy est né dans le faubourg Bourgogne le 7 janvier 1873. L’excellence de ses résultats scolaires permet à cet enfant pauvre d’obtenir une bourse pour entrer au lycée d’Orléans. Admis à l’École Normale Supérieure, il sollicite un congé d’un an et revient dans sa ville natale écrire sa première oeuvre, Jeanne d’Arc, qu’il édite à ses frais en 1897. Après s’être engagé dans l’Affaire Dreyfus pour la défense de la justice et de la vérité, il fonde en 1900 les Cahiers de la quinzaine, revue où il accueille tous ceux qui veulent avec lui porter librement témoignage sur la vie politique, sociale et artistique de leur temps. À partir de 1908 il renoue progressivement avec la foi de son enfance. La création dès lors prend le pas sur la gérance et ses grandes oeuvres, de prose ou de poésie, nous introduisent dans une vision prophétique du christianisme. Au nom d’un patriotisme qui ne s’est jamais démenti, cet officier de réserve, mobilisé dès le début de la Grande Guerre, meurt à Villeroy en menant sa section à l’attaque le 5 septembre 1914.
Anatole Bailly (1833-1911)
helléniste, auteur d'un dictionnaire grec-français publié en 1895
D'origine modeste, le jeune Anatole entra, après de brillantes études, à l'École Normale Supérieure en 1853. Reçu à l'agrégation de grammaire en 1857, il se retrouva professeur de quatrième au Lycée d'Orléans, poste qu'il occupa jusqu'à sa retraite en 1888, sans jamais accepter les promotions proposées.
Formé à la grammaire comparée, Anatole Bailly apporta à son enseignement un esprit nouveau. Estimant que l'enseignement des langues anciennes ne serait pas défendable si l'on restait attaché à des pratiques pédagogiques sclérosées, il mena sur ce point une réflexion approfondie avec son collègue et ami Michel Bréal et publia en 1869 un Manuel pour l'étude des racines grecques et latines, accompagné quatre ans plus tard d'une Grammaire grecque élémentaire rédigée suivant les principes de la méthode comparative à l'usage des professeurs.
C'est à Orléans, donc, que furent conçus les ouvrages qui devaient rénover l'enseignement de la langue et de la civilisation grecques et latines, là également que fut conçu l'ouvrage qui, encore aujourd'hui, est utilisé par tous les hellénistes, le Dictionnaire grec-français, publié en 1894 par les éditions Hachette, fruit de vingt années d'un travail d'inventaire de tout le vocabulaire grec, depuis Homère jusqu'aux Pères de l'Église, qui séduisit le monde savant et fit la fierté des Orléanais. Bailly mourut à sa table de travail, dans sa maison de la rue Bannier, le 12 décembre 1911.
Henri (1839-1908) et Émile (1849-1917) Delaugère
Créateurs de la marque d'hippomobile et d'automobile Orléanaise
Henri et Émile Delaugère Héritiers d'un atelier familial de carrosserie, les frères Delaugère se lancèrent en 1895 dans le développement d'un moteur et sortent en 1898 leur première voiture, un tricycle propulsé par un moteur monocylindre qui sera présenté à la première exposition d'automobiles jamais organisée en Europe et suscitera un grand intérêt.
Présents à l'Exposition universelle de 1900, ils s'associent en 1904 aux frères Henri et Maurice Clayette en vue de produire des véhicules de luxe portant comme emblème la statue équestre de Jeanne d'Arc à l'intention d'une clientèle internationale aisée.
Durant la Grande Guerre, leurs ateliers du faubourg Madeleine (à l'emplacement actuel de la résidence des Beaumonts) contribuent à l'effort de guerre en produisant essentiellement des véhicules industriels, à côté desquels subsiste une faible production d'automobiles de luxe. Ayant raté le tournant de la construction par chaîne de montage, les établissements Delaugère-Clayette seront absorbés en 1924 par Panhard et la marque disparaîtra, mais on peut encore voir l'emplacement du magasin d'exposition au 89, rue d'Illiers.
Paul Gauguin (1848-1903)
peintre, sculpteur et graveur
Paul Gauguin Né à Paris en 1848 Gauguin passe une partie de son enfance à Orléans d'où son père est originaire. Il fréquente le petit séminaire de La Chapelle-Saint-Mesmin.
Sa famille s'embarque ensuite au Pérou, pays d'origine de sa mère. A l'âge de 23 ans, il abandonne son métier d'agent de change pour se consacrer à la peinture. En 1876 il expose à son premier salon avec le Paysage de Viroflay. Il se lie avec les impressionnistes, travail avec Cézanne.
Après un séjour à la Martinique en 1887 Gaugin se détache de l'impressionnisme pour réaliser des ouvres d'inspiration précolombiennes. En 1891 il s'embarque pour Tahiti. Les deux années qui suivent, il y peint Sur la plage, Quand te maries-tu ?, et L'Esprit des morts veille. Malade, il rentre à Paris en 1893 mais retourne à Tahiti en 1895. Never More est peint en 1897. Il s'installe enfin aux Iles Marquise ou il tente même de défendre les droits des indigènes face à l'administration coloniale. Il y meurt en 1903.
Louis Pasteur (1822-1895)
il a souvent séjourné à Orléans où il a étudié la fermentation du vinaigre
Louis Pasteur Orléans a été l'un des théâtres des recherches de Louis Pasteur au cours de sa longue carrière de scientifique. Originaire du Jura, il y fait ses études littéraires à Dole et à Besançon. Le jeune Pasteur se rend à Dijon pour son baccalauréat de mathématiques. Il entre peu après à l'école normale supérieure.
C'est en 1846 qu'il commence une carrière d'enseignant chercheur. Il s'attache entre autre à la recherche sur les cristaux et les acides.
En 1855, il entame ses recherches sur la fermentation ; étude pour laquelle il présente un mémoire. Quelques années plus tard, il s'intéresse à la fermentation du vinaigre.
Il enchaîne ensuite sur l'influence de l'air dans la vinification. Son intérêt se porte également sur la peste puis sur la rage. Le premier vaccin antirabique est injecté en 1885. L'institut Pasteur a été inauguré de son vivant la même année. Après deux attaques d'hémiplégie, il succombe en 1895.
Antoine Becquerel (1788-1878)
physicien qui s'illustra par ses contributions scientifiques en électricité
Né à Châtillon-coligny, Officier du génie, Antoine César Becquerel fait les campagnes d'Espagne et de France sous le Premier Empire, où il prend part à six des sièges les plus meurtriers, se distinguant notamment à l'assaut du fort de Francoli. Il est promu capitaine en 1812. Sous-inspecteur de l'Ecole polytechnique en 1813, il reprend du service en 1814. Il met Langres et Troyes en état de défense, avant de prendre sa retraite comme chef de bataillon en 1815.
Sur les conseils de Girodet, illustre peintre dont sa mère était la cousine germaine, il se consacre entièrement à la science. Il s'intéresse surtout à l'électricité et donne en 1823 les lois fondamentales des phénomènes thermoélectriques. On lui doit d'importants travaux sur les piles, notamment l'invention des piles à deux liquides, dites "à courants constants", la balance électromagnétique, ainsi que des travaux sur l'électrochimie, sur la conductibilité électrique des métaux, sur le galvanomètre différentiel en 1825 et sur l'électricité atmosphérique.
Professeur de physique appliquée à l'histoire naturelle, chaire créée pour lui et qu'il occupe pendant 40 ans au Muséum à partir de 1828. Il entre à l'Académie des sciences en 1829. Son fils Edmond et son petit-fils Henri s'orienteront dans la même carrière de la recherche scientifique. Henri sera prix Nobel de physique en 1903 pour ses travaux sur la radioactivité de l'uranium.
Charles Pensée (1799-1871)
peintre et dessinateur
Né à Épinal, Charles Pensée est un dessinateur habile et fécond, qui arrive à Orléans à l'âge de vingt-trois ans pour s'y installer définitivement. Il demeurera jusqu'à la fin de sa vie au 13, rue de la Bretonnerie.
Il enseigne le dessin au Lycée impérial (aujourd'hui Lycée Pothier) et donne des cours particuliers. Il expose régulièrement au Musée d'Orléans, qui lui achète quelques dessins, et au Salon de Paris entre 1831 et 1870.
Dans la lignée des grands dessinateurs qui, sur l'impulsion du baron Taylor, sillonnent la France des années 1870 pour en croquer toutes les facettes monumentales, Charles Pensée parcourt la ville et sa région, immortalisant paysages, façades et scènes de rue. La précision et la rigueur de ses relevés, si précieux aujourd'hui, sont toutefois tempérées par le sentiment romantique du paysage, qu'il anime de scènes pittoresques. Ses techniques favorites sont le crayon, le fusain et l'aquarelle, la lithographie lui permettant de diffuser largement ses dessins.
Aignan-Thomas Desfriches (1715-1800)
dessinateur
Desfriches est né à Orléans dans une famille prospère de marchands. Mécène pour sa ville, il fut aussi un collectionneur et un amateur d'art à la vocation de créateur contrariée. Très tôt promis à une carrière artistique, il fut formé à Paris chez le peintre Nicolas Bertin, puis devint l'élève de Charles Natoire.
Mais la mort de son père le rappela à Orléans en 1738, interrompant sa carrière d'artiste et l'obligeant à prendre en main la direction de la société de transport et de commerce paternelle. Ses oeuvres, essentiellement des vues des environs d'Orléans, des bords de la Loire et du Loiret, constituent un témoignage de ses qualités de dessinateur et de paysagiste.
Le nom de Desfriches reste associé localement à la création de l'Ecole gratuite de dessin, future Ecole des Beaux-Arts, qu'il fonda en 1786, ainsi qu'à la création en 1797 du Muséum, ancêtre de l'actuel Musée des Beaux-Arts, qui rassemblait les oeuvres saisies pendant la Révolution à Orléans et dans ses environs.
François Giroust (1737 1799)
musicien et compositeur
Maître de chapelle (« des enfants de chœur et de musique ») de la cathédrale Sainte-Croix en 1756, directeur de l’Académie musicale d’Orléans de 1762 à 1769. Auteur de nombreux grands motets et psaumes. Il fut l’élève de Louis HOMET à Notre-Dame de Paris, maître de chapelle qui l’avait précédé à la cathédrale d’Orléans.
Ses débuts au Concert Spirituel (séries de concerts donnés au palais des Tuileries, fondées par Philidor en 1725, actives jusqu'en 1790) furent éclatants. Maître de musique aux Saints-Innocents, sous-maître de la Chapelle Royale en 1775 puis surintendant de la musique de chambre, il est l'auteur de la Missa brevis exécutée à Reims pour le couronnement de Louis XVI. Ses Grands Motets pour la Chapelle Royale, édités en 2004 par le Centre de Musique baroque de Versailles, restent ses chefs-d'œuvre.
Sous la Ière République , il écrit plusieurs chants patriotiques (Hymne à la Raison, 1793) avant d'assumer la modeste fonction de concierge du château de Versailles. Il est élu membre de l'Institut de France en 1796.
Robert Pothier (1699-1772)
juriste, professeur à l'université de droit d'Orléans, qui inspira le Code civil
Considéré comme le plus grand jurisconsulte des temps modernes, il doit à la notoriété de son oeuvre de voir son médaillon orner la salle de la Chambre des Représentants à Washington, en pendant de celui de Justinien. Né à Orléans, il y fit de brillantes études de droit avant d'y être nommé magistrat. Frappé par l'imperfection et le désordre des compilations de lois qui s'étaient ajoutées aux Pandectes de Justinien, il entreprit de refondre le tout en un ensemble cohérent au prix de douze années de travail acharné. Ce travail, salué en son temps par toute l'Europe, est à l'origine du Code civil napoléonien.
Échevin d'Orléans en 1747, puis professeur de Droit français à l'université en 1749, il se fit remarquer par sa vie réglée et la piété de ses moeurs, ainsi que par son opposition farouche à la pratique de la question en vue d'obtenir des aveux des accusés. Ses obsèques en 1772 avaient réuni une foule considérable. Ses cendres furent transférées à la cathédrale Sainte-Croix en 1829 et sa statue en pied installée au Palais de Justice.
Guillaume Prousteau (1626-1714)
juriste, bibliophile
Né en 1626 à Tours, Guillaume Prousteau fréquente les collèges des Jésuites de Tours puis de la Flèche avant de poursuive des études de droit à l’université d’Orléans. Devenu jeune avocat, il entreprend de voyager durant deux années pour suivre les cours donnés dans les universités de droit les plus renommées d’Europe.
En 1668, il devient docteur-régent de l’université et enseigne le droit à Orléans. Bibliophile et érudit, il appartient au monde des lettrés de la fin du 17e siècle : il rassemble une bibliothèque de près de 4000 ouvrages qu’il valorise par l’achat en 1679 de la collection de l’historien Henri de Valois, célèbre pour les annotations manuscrites qu’il a laissées sur des ouvrages grecs et latins.
Guillaume Prousteau souhaite rendre publique sa bibliothèque en la confiant aux moines bénédictins du monastère Notre-Dame de Bonne-Nouvelle d’Orléans. Il concrétise son intention dans un acte de donation passé devant notaires le 6 avril 1714 : plusieurs pages en décrivent très précisément l’organisation et le fonctionnement.
L’actuelle Médiathèque d’Orléans garde mémoire de ce don grâce aux livres toujours présents dans ses fonds : ils portent sur leurs plats en lettres dorées les initiales gravées G et P du fondateur de la bibliothèque.
Isaac Jogues (1607-1646)
évangélisateur de l’Amérique du nord
Né à Orléans le 10 janvier 1607, il entre après des études au collège dans la Compagnie de Jésus puis enseigne la littérature à Rouen avant d’être envoyé en Nouvelle-France en 1637 pour une mission d’évangélisation qui l'emmène jusqu'aux Grands Lacs. Capturé en compagnie de Hurons par des Indiens Mohawks en 1642, il est torturé et réduit en esclavage avant de pouvoir s’échapper et se réfugier à New York. Premier prêtre catholique de la ville, il en a donné la première description.
De retour en Europe, il est reçu en héros par la régente Anne d’Autriche et autorisé par le pape Urbain VIII à dire la messe en dépit de ses mains mutilées, mais demande à repartir en 1644 pour le Canada. Tenu responsable de mauvaises récoltes par les Indiens Mohawks auprès desquels il vivait, il est cette fois mis à mort le 18 octobre 1646. Il a été canonisé en 1930.
Amiral Gaspard de Coligny (1519-1572)
chef Huguenot, ancêtre de la famille royale de Hollande
Elevé à la cour de François Ier, l'amiral Gaspard de Coligny fait ses armes lors des guerres en Flandre. Né en 1519, son père avait été lui-même amiral et avait participé aux campagnes d'Italie sous le règne de Louis XII.
Il devient à son tour amiral en 1552 après avoir dirigé plusieurs armées et résisté à plusieurs sièges. Arrêté par les espagnols lors du siège de Saint-Quentin dans l'Aisne, il lit la Bible et se convertit à la réforme en 1557.
Pendant les années qui suivent et en dépit de son prestige, il s'efface derrière Condé chef du parti protestant. Coligny joue la carte de la modération mais l'intransigeance de Condé l'emporte au sein de la mouvance réformée. Et en avril 1562 il signe l'acte de coalition des réformés et l'appel à l'étranger. C'est le début des guerres de religions. Il est condamné à mort par contumace et seconde Condé à la tête des armées protestantes notammnt celle stationnée à Orléans.
A la mort de Condé en 1569 il devient le général en chef. Mais bien plus inspiré par la politique que par la guerre il se révèle piètre soldat. Il meurt assassiné sur les ordres de la régente Catherine de Médicis le 22 août 1572 soit deux jours avant le déclenchement des massacres de la Saint-Barthélémy.
Etienne Dolet (1509-1546)
homme de lettres, humaniste et imprimeur
Écrivain humaniste et imprimeur, Etienne Dolet naît à Orléans en 1509 dans une famille dont on ignore l’origine. Il acquiert une excellente culture littéraire et part étudier à Paris en 1521 puis à Padoue en 1526. Il devient secrétaire de l’ambassadeur de France à Venise. À son retour en France, il étudie le droit à l’université de Toulouse où ses attaques contre le parlement toulousain lui valent d’être emprisonné, mis à l‘amende puis banni en 1535. Fixé à Lyon comme correcteur de l’imprimeur Gryphis, Étienne Dolet travaille à son grand ouvrage sur la langue latine qui établit sa réputation d’humaniste.
Condamné puis gracié pour le meurtre en 1536 du peintre Compaing, Dolet devient imprimeur. Il édite ses propres écrits et traductions ainsi que les oeuvres de ses amis : Guillaume Scève, Clément Marot, François Rabelais, souvent en langue dite « vulgaire », c’est à dire en français. Il s’attire de nouvelles difficultés par la publication d’ouvrages jugés hérétiques.
Arrêté et emprisonné en 1542, puis en 1544, condamné pour hérésie et athéisme, Étienne Dolet est supplicié et brûlé à Paris, place Maubert, le 3 août 1546.
François Villon (1431-1463)
poète emprisonné à Orléans
C'est par la case prison que François Villon a le plus connu la ville d'Orléans. Lorsqu'il ne se consacrait pas à la poésie Villon ne pouvait s'empêcher de se livrer au vol ou d'être impliquer dans des rixes. Tout avait pourtant bien commencé pour cet orphelin qui avait trouvé la protection du chanoine Guillaume de Villon.
Bachelier puis licencié et maître des arts, c'est là que commencent une vie d'écriture et d' " aventures ". Son ouvre est liée à ses divers séjours en prison. Les épîtres à ses amis sont de véritables appels à l'aide. Quant à son Testament , il est l'expression de la haine que le poète éprouve pour ses geôlier. En 1463 après une nouvelle incartade, il est banni de Paris ; c'est alors qu'on perd sa trace.
Charles d’Orléans (1394-1465)
Duc d'Orléans
Après l'assassinat de son père Louis sur ordre du duc de Bourgogne, il épousa successivement Isabelle de France, fille de Charles VI, puis Bonne d’Armagnac, ce qui le lia au parti armagnac contre les Bourguignons.
Fait prisonnier à la bataille d’Azincourt en 1415, il resta en captivité 25 ans en Angleterre, et trompa son ennui en y composant la majeure partie de son oeuvre poétique. À son retour il épousa Marie de Clèves, qui lui donna trois enfants, dont le futur Louis XII. Il entretint à Blois une cour brillante où il accueillit artistes et poètes, et notamment François Villon. Il s’éteignit à Amboise.
"Le temps a laissé son manteau
De vent, de froidure et de pluie Et s'est vêtu de broderie, De soleil luisant, clair et beau."
"Il n'y a bête ni oiseau
Qu'en son jargon ne chante ou crie : Le temps a laissé son manteau De vent, de froidure et de pluie."
Jehan de Meung (1240-1305)
auteur de la deuxième partie du "Roman de la rose"
Jehan de Meung parce que né à Meung-sur-Loire en 1250 traduisit grâce à son érudition l'auteur latin antique Boèce. Auteurs de poèmes, il rédigea en 20 000 octosyllabes la seconde partie du Roman de la Rose prenant ainsi la suite de Guillaume de Lorris.
Guillaume de Lorris (1200-1240)
auteur de la première partie du "Roman de la rose"
Originaire de Lorris près de Montargis, Guillaume est l'auteur de la première partie du Roman de la Rose véritable code de l'amour courtois. Son ouvre représente environ 4000 octosyllabes. Né vers 1200, Il meurt en 1238. On dispose d'assez peu d'information sur son existence.

