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Vauquois : soeur de sang d'Orléans
Rue de Vauquois, de l'Argonne, du 131e régiment d'infanterie... La ville garde, inscrit au fronton de ses rues, le souvenir des centaines d'Orléanais qui dès les premières heures de 14 -18 tomberont pour défendre Vauquois.
infos pratiques
le verrou de Verdun
Août 1914, venant des Balkans, le fléau de la guerre se répand comme une gangrène jusqu'en France. La Lorraine et plus précisément l'Argonne, situées à quelques kilomètres de la frontière avec l'Allemagne, sont une fois encore, en première ligne des invasions. Dès le début des hostilités, les états-majors français et allemands vont faire de Vauquois, un objectif stratégique majeur.
Installé depuis des siècles au sommet d'une butte (289 m d'altitude), le petit village domine toute la région et commande le passage vers Sedan, le nord de la vallée de l'Aire et plus loin au sud, Verdun. Transporté par train, le 5e corps d'armée, constitué principalement d'Orléanais du 131e RI et de parisiens fait aussitôt route vers les côtes de Meuse et l'Argonne. Les premiers jours de combat sont funestes pour les soldats français. Engagés dans une manœuvre infructueuse d'attaque de l'ennemi par le flanc, ils subissent de lourdes pertes. Avançant par ligne de tirailleurs, les « pantalons rouges » sont fauchés par les tirs de mitrailleuses des Allemands déjà bien installés dans leurs positions. On compte alors plus de 1 200 tués et blessés au 131e RI. L'échec de ces premiers assauts se solde par un repli de l'armée française vers la forêt d'Argonne et la Meuse.
Les combats d'arrières gardes sont d'une rare violence et Vauquois tombe aux mains des Allemands le 4 septembre. Dès leur arrivée, ces derniers tirent parti de leur position avantageuse et commencent à fortifier la butte pour surveiller la voie ferrée n°4 reliant Sainte-Menehould à Verdun. Toute proche, elle permet l'approvisionnement en homme et en munitions de Verdun. Les quelque 170 habitants de Vauquois prennent la fuite et se réfugient dans les communes alentour. Le maire, Monsieur Poinsignon est abattu devant sa famille tandis que les troupes d'occupation incendient le village. Le martyr de Vauquois ne fait que commencer.
mortels assauts
Après la bataille de la Marne, les troupes françaises se réorganisent et lancent une contre-attaque dans tout le secteur de Vauquois. À partir du 15 septembre, les hommes du 5e CA reprennent position dans le village déserté non sans de lourdes pertes. Le 24 septembre, à l'aube, les Allemands repartent à l'assaut du petit village. Malgré les bombardements intensifs de l'artillerie française, les fantassins allemands réussissent à gravir les pentes de Vauquois et se rendent à nouveau maîtres de la position. Autour de Vauquois, le 5e CA perdra plus de 4 425 combattants en quelques jours. Malgré cela, « le verrou de Verdun » tel qu'on l'a appelé, doit être reconquis à tout prix. En quelques jours, la garnison du Kaiser va transformer le village et ses pentes en forteresse. Tranchées renforcées de plaques de blindages, réseaux de barbelés, casemates, mortiers et pièces d'artilleries, les Français vont se heurter à une véritable avalanche de feu en provenance de Vauquois.
Durant de longues semaines, les préparations d'artilleries et les assauts d'infanterie vont se succéder aux prix de lourdes pertes mais sans aucun résultat. Pour éviter une contre-attaque allemande, les Français décident à leur tour de renforcer leurs positions au pied de la butte. Le froid de l'hiver, la pluie, la boue et la mort omniprésente ont fait de Vauquois, un enfer pour les soldats.
la guerre des mines
À partir de janvier 1915, la guerre de position s'installe. Afin d'échapper aux bombardements intensifs des Français, les Allemands poursuivent leurs fortifications en creusant un réseau de galeries communicant entre les anciennes caves des maisons du village et les tranchées de première ligne. Une série d'assauts menés jusqu'au mois de mars permettent aux Français de regagner quelques mètres sur les versants de Vauquois mais nul moyen d'aller plus loin. Alors de deux côtés on s'enterre pour entamer un mode de combat inédit jusqu'alors : « la guerre des mines ».
Au mois de juin 1915, les combats en surface de Vauquois cessent pratiquement. Comme des termites, les hommes vont creuser le cœur calcaire de la butte de plus de 17 kilomètres de galeries parfois profondes de 100 mètres. Puits d'aération, sapes, tranchées couvertes, casernements, postes de commandement, centrales électriques, réseau de wagonnets, Vauquois n'est plus qu'un immense gruyère où survivront jusqu'à 2000 hommes. Sapeur à l'entrée d'une mine Des milliers de tonnes de gravats seront extraits à coups de pics et de barre à mines avec un seul objectif : percer un rameau de combat courant sous les lignes ennemies. Après avoir chargé le boyau de tonnes d'explosifs, les sapeurs déclenchent la mise à feu dans l'espoir de détruire l'adversaire. Retranchés au fond de leur trou, les soldats ne vivent que dans l'angoisse des « mines ». Armé de genre de stéthoscopes, on tente de percevoir les mouvements de l'ennemi dans la terre pour préparer des « contre-mines », la peur de mourir enterré vivant est constante.
Durant trois ans, on va recenser plus de 539 explosions. Placées de plus en plus profond, les mines sont de plus en plus puissantes, ainsi le 14 mai 1916, une mine allemande estimée à 60 tonnes d'explosif va faire d'un coup 108 victimes et creuser un cratère de plus de 30 mètres de diamètre.
naissance d’une amitié indéfectible...
La fin de ce cauchemar, de cette guerre de taupes, n'interviendra que le 26 septembre 1918 avec l'assaut mené par la 35e division d'infanterie américaine. À la place du petit village meusien, les alliés découvriront un paysage d'apocalypse. Un sol lunaire percé de cratères gigantesques et jonché de centaines de cadavres. Vauquois n'existe plus. Une fois que les canons se sont tus, vient le temps de la reconstruction.
Après l'avoir vaillamment défendu au prix de nombreux morts, les Orléanais n'oublieront pas Vauquois. Rayé de la carte par l'administration française, le village ne devra sa renaissance qu'au soutien de la ville d'Orléans. S. Brient
Sylvain Brient
c'est pratique
en savoir+
Les Amis de Vauquois et de sa région
1, rue d’Orléans
55270 Vauquois
03 29 80 73 15
site internet
sources :
- Archives municipales - série H 1931
- "La butte meurtrie Vauquois" oeuvre collective des Amis de Vauquois, 2004

