Orléans
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1844 : un hôpital moderne
infos pratiques
la vétusté de l'Hôtel-Dieu
Le projet de construction d'un nouvel établissement pour accueillir les malades de la ville est adopté en 1836 par le conseil municipal. Situé juste à côté de la cathédrale, l'ancien Hôtel-Dieu fondé au XIe siècle est alors décrit comme « privé de toute circulation d'air. Les eaux croupissantes et les miasmes putrides s'y concentrent, maintenant au centre de la ville (...) un foyer d'infection aussi nuisible au rétablissement des malades que dangereux pour la population. » Il y a donc urgence à remédier à cet état de fait. Le site retenu est au 1, rue Porte-Madeleine, à l'emplacement de l'ancien monastère du Calvaire devenu Manutention des vivres depuis la Révolution. Il permet des extensions et surtout de rapprocher le nouvel établissement de l'Hôpital général qui depuis le XVIIe accueille les « pauvres nécessiteux, les pauvres enfants valides et les mendiants valides .»
un hôpital bien aéré
Lors de la pose de la première pierre en 1841, Sévin-Mareau, maire d'Orléans, décrivait ainsi l'hôpital à venir : « l'établissement que nous fondons aura des salles bien aérées en même temps que des promenades spacieuses. Il réunira ainsi toutes les conditions qu'on peut désirer dans une telle maison pour la prompte guérison, pour le bien-être des malades qui y sont admis. » Pour répondre à ces conditions, l'établissement dessiné par les architectes Pagot et Thuillier se compose de plusieurs bâtiments disposés autour de cours carrées et de jardins, reliés entre eux par des galeries couvertes.
une nouvelle conception du site
Pour accueillir les malades, le nouvel hôpital compte douze grandes salles communes. Ces salles vastes et bien éclairées regroupent en moyenne une quarantaine de lits entourés de rideaux et répartis de part et d'autre d'une allée centrale où se tient un poêle, unique chauffage de la pièce. Cette organisation, inconcevable de nos jours, fait pourtant figure de progrès notable par rapport à ce que connurent les patients de l'ancien Hôtel-Dieu. Entassés dans des salles exigües et mal aérées, il n'était pas rare qu'ils se retrouvent à deux ou trois par paillasse. Une situation qui perdurait encore au XIXe dans de nombreux hôpitaux.
la mise en place de pratiques médicales avancées
De mouroirs tenus par un personnel religieux, les hôpitaux deviennent peu à peu, entre les mains de spécialistes laïcs, les fers de lance de la recherche scientifique. L'amélioration du diagnostic grâce à Laennec, l'utilisation d'une nouvelle pharmacopée et le retrait de pratiques funestes comme la saignée ou les lavements apparaissent à cette époque. La chirurgie progresse elle aussi, malgré un absence totale d'asepsie, avec l'introduction des anesthésies à l'éther. Une révolution améliorant (on s'en doute) le confort et les chances de survie des hospitalisés. La fin du XIXe siècle marque l'ouverture de services spécialisés pour les yeux, puis le nez et la gorge. Radiologie et analyse médicale arriveront en 1911. Tous les ingrédients seront alors réunis pour faire de la Porte-Madeleine, un hôpital moderne.
Sylvain Brient
c'est pratique
à lire
Abbé Gaillard
Histoire des établissements hospitaliers d'Orléans, du Moyen Âge à nos jours
Bulletin société archéologique et historique de l'Orléannais
N°72, avril 1986
S. Borsa et C.R Michel
La vie qutidienne des hôpitaux en France au XIXe
Hachette, 1985

