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quand Orléans faisait son cinéma
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canicule
Un soleil de plomb écrase la place de l'Etape. En ce mois d'août 1983, le tout nouveau centre municipal est converti en « Banque agricole et commerciale de la Beauce » pour la scène d'ouverture de Canicule. Miou-Miou, Jean Carmet, Victor Lanoux ou encore David Bennent (le petit garçon du Tambour de Volker Schlöndorff) partagent l'affiche avec Lee Marvin, l'une des plus belles « sales gueules » du cinéma américain. Tourné à Orléans et dans les environs de Saint-Péravy-la-Colombe, le film d'Yves Boisset va mobiliser le personnel municipal, situé aux premières loges, durant une semaine.
hold-up à la mairie
« Des usagers de la mairie, qui venait juste d'être transférée dans les nouveaux bâtiments, pensaient que c'était devenu une vraie banque, se souvient Guy Pommier, agent municipal. Pendant le tournage, il y a eu un petit mouvement de panique car ils ont cru être pris dans un véritable braquage. » Quelques employés municipaux trouveront, eux, l'occasion de faire leur première (et unique) expérience de figurant. Christian Pinsard en garde un souvenir excitant et un peu douloureux. « Avec d'autres personnes, je devais venir en courant de la Cathédrale et m'aplatir sur les marches de la mairie quand éclataient les coups de feu. »
Décrié lors de sa sortie pour l'image quelque peu satirique qu'il donnait des agriculteurs de la Beauce, Canicule n'en constitue pas moins un petit trésor cinématographique. Déjanté, mordant, ce « western beauceron » dialogué par Michel Audiard nous donne aussi l'occasion de voir Lee Marvin qui tournait pour la première fois en France dans l'un de ses tout derniers rôles.
fondu au noir
Lee Marvin Changement d'ambiance et retour quelques années en arrière pour Police Python 357. En octobre 1975, le réalisateur Alain Corneau, originaire de la région, choisit Orléans pour tourner son deuxième long-métrage, un polar mettant en scène Yves Montand, Simone Signoret et François Périer. Police Python 357 retrace la descente aux enfers de l'inspecteur Marc Ferrot, incarné par un Montand, taciturne et angoissant.
La lumière blafarde, un ciel d'automne plombé, les rues sombres de l'Orléans des années 70 offrent un écrin sur mesure à ce film noir. Comme pour chaque tournage se déroulant en ville, des demandes d'autorisations conservées aux archives municipales rappellent les scènes du film. Au fil de l'intrigue, on retrouve aussi le marché couvert place du Châtelet (aujourd'hui disparu), le jardin de l'Evêché, l'ancien hôtel de police (situé à l'emplacement de la Médiathèque) et différentes rues du centre-ville. On ne pourra évidemment oublier la confrontation entre Yves Montand et François Périer sur le duit de la Loire, qui met un point final dramatique à ce chef-d'ouvre du polar.
m'sieur Clémenceau
Avec les Brigades du Tigre, on reste dans le policier mais cette fois à la sauce chapeaux melon, moustaches en guidon et De Dion-Bouton. La série créée en 1973 par Victor Vicas retrace l'histoire des brigades mobiles fondées par Clémenceau pour lutter, avec les outils d'investigation les plus modernes (automobile, téléphone, portraits-robots, empreintes digitales.), contre les nouvelles formes de criminalité apparues dans la France de la Belle Epoque. Le trio composé du commissaire Valentin et des inspecteurs Pujol et Terrasson va se lancer à la poursuite des malfrats sous le commandement de l'inflexible commissaire Faivre. Mêlant habilement reconstitution historique, faits divers et intrigue, la série rencontre un succès sans précédent dès sa première diffusion.
Cherchant un décor rappelant le Paris de 1900, Victor Vicas choisit Orléans et ses vieilles rues encore pavées « à l'ancienne ». Le quartier situé entre la place Saint-Aignan et la collégiale Saint-Pierre-le-Puellier va ainsi servir de cadre aux poursuites des trois policiers dans nombre d'épisodes. Le quartier général, au 1 rue de la Bretonnerie, se transforme en commissariat, tandis que les agents s'entraînent à la savate dans le gymnase de la rue des Quatre-fils-Aymon. Moult crapules se cacheront aussi dans la vinaigrerie Dessaux et l'hôtel Groslot fera office, le temps d'un épisode, de ministère de la justice.
Police Python 357, les Brigades du Tigre et Canicule ont bénéficié de rééditions en DVD. A l'occasion, n'hésitez pas à les revoir, rien que pour le plaisir de faire un bond dans le temps et dans les rues d'Orléans.
Sylvain Brient
c'est pratique
autres films tournés à Orléans et sa région
- La Règle du jeu (J. Renoir, 1939)
- Fahrenheit 451 (F. Truffaut, 1966)
- Le Cerveau (G. Oury, 1968)
- Le Moustachu (D. Chaussoy, 1987)
- Les Arcandiers (M. Sanchez, 1991)
- La Vie rêvée des anges (E. Zonka, 1997)
- De l'histoire ancienne (O. Miret, 1999)

