Orléans
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Le passage du Saloir
Rue Sainte-Catherine, derrière la double porte de l'hôtel des Créneaux, il mène, au cours des visites guidées pour groupe, les pas du promeneur curieux jusqu'à la place de la République. Un endroit secret et auréolé de mystère que les élèves du conservatoire de musique et de danse ont la chance de côtoyer tout au long de l’année.
infos pratiques
Zoom sous voûtes...
Caché au coeur de l'un des plus beaux monuments d'Orléans, il s'offre à nos regards l'espace trop bref des journées du patrimoine et des visites guidées pour les groupes.
Quand le conservatoire de musique et de danse ferme ses portes, lui les ouvre et nous parle d'un autre temps. De la rue Sainte-Catherine à la place de la République, le « passage du saloir » permet, pour qui l'emprunte, de découvrir la cour et le beffroi de l'Hôtel des Créneaux.
Au coeur de la ville
Premier hôtel de ville d'Orléans en 1442, puis tribunal jusqu'en 1825, musée des Beaux-arts et enfin École de musique et de danse, l'hôtel se développe d'abord à l'intérieur du premier mur d'enceinte de la ville pour s'étendre ensuite vers l'ouest, jusqu'à la rue Sainte-Catherine où l'on peut admirer sa superbe façade renaissance construite entre 1503 et 1513(1).
C'est de cette époque que date le passage du saloir, voûté de croisées d'ogives supportées par des consoles sculptées d'animaux et figures fantastiques.
(1) Attribuée à Viart, également architecte de l'hôtel de ville de Beaugency.
Histoires salées
Rue Sainte Catherine, sa porte en bois massif ouvre à gauche et à droite sur le « sallouer », deux salles voûtées auxquelles on accède en descendant quelques marches et qui communiquent par un couloir creusé sous le passage. Ce lieu, qui abrite aujourd'hui la salle d'orgue du conservatoire, servait autrefois d'entrepôt de sel. Au temps où les échevins (2) étaient responsables de sa vente au peuple après que Philippe VI de Valois instaure en 1341 les fameuses gabelles, cet impôt sur le sel détesté du peuple parce qu'il divisait la France en zones plus ou moins taxées et en laissait d'autres en zones franches. Dans les pays de grande gabelle comme l'Orléanais, la vente du sel était interdite ailleurs qu'au grenier, et il fallait en acheter une quantité minimum obligatoire. C'était « le sel du devoir » pour le pot et la salière, acheté en plus du sel pour les salaisons et les animaux, à un prix qui pouvait atteindre vingt fois le prix marchand par temps de guerre.
(2) Magistrats de la ville.
Le renouveau...
Au milieu du 16e siècle, Henri II confie aux fermiers le droit de vendre le sel et le grenier se déplace rue Doulcet, devenue depuis la rue du Grenier à sel. Les archives municipales datent à 1792 la liquidation du dernier grenier à sel d'Orléans. Mais des traces d'hier, les pierres du rez-de-chaussée de l'hôtel des Créneaux gardent toujours la mémoire. Régulièrement la gardienne balaie les petits amas blancs qui se forment au pied des murs. Et c'est aussi finalement peut-être grâce au sel que l'on doit la belle rénovation, en 1999 (3), de sa façade de la rue Sainte-Catherine.
(3) Elle a été financée par la ville avec le concours de l'État et des Monuments historiques. Une plaquette de la DRAC donne les détails de la restauration.
S. Brient
c'est pratique
adresse utile
Pour les visites, renseignements à
Office du Tourisme
2, place de l'Etape
45000 Orléans
02 38 24 05 05
site internet

