Orléans
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le gaz à Orléans, une histoire en marche
En 1837, le gaz faisait son arrivée à Orléans. Une nouvelle énergie qui allait changer le visage de la ville.
infos pratiques
En levant la tête et en cherchant bien, on peut encore apercevoir au détour de quelques immeubles du 19e, ces petites plaques d'émail bleu indiquant « gaz à tous les étages ». Un signe évident de modernité et de confort à une époque où le bois, le charbon et la bougie étaient encore le moyen de chauffage et d'éclairage de nombre de foyers. On doit cette utilisation du gaz provenant de la distillation du bois puis de la houille à l'ingénieur Philippe Lebon qui, en 1799, dépose un premier brevet de « thermolampes à gaz ». Paris va la première, en 1824, utiliser cette énergie pour son éclairage public. Elle sera suivie en 1837 par Orléans grâce à la compagnie Grégory et fils qui installe une usine de production de gaz au n°2 du faubourg Saint-Vincent.
Une demande toujours en progression
A l’entrée sud du pont George V, la Jeanne d’Arc de Gois s’éclaire au gaz au début du 20e siècle Dans un premier temps seront desservis les principaux lieux publics et quelques riches particuliers. Ainsi en 1841, les rues de la ville sont déjà éclairées au gaz par 381 réverbères. À cause des nuisances qu'elle entraîne et des besoins croissants de la population, la 1ère usine du fbg St-Vincent va céder la place à une autre située rue Verte, dans le futur quartier de la gare inaugurée en 1843. Ce site restera en activité jusqu'en 1961.
Pendant plus d'un siècle, c'est cette seule entreprise, devenue par la suite Société orléanaise pour l'éclairage au gaz et à l'électricité , qui va assurer l'approvisionnement de la ville.
Profitant de la politique de grands travaux entrepris à Orléans dans la seconde moitié du 19e siècle (percement de la rue Jeanne-d'Arc, des mails...), le réseau de gaz va encore s'étendre pour permettre à cette énergie nouvelle de faire son entrée dans les demeures bourgeoises. Un progrès soutenu ardemment par les maires successifs d'Orléans, Alexandre Martin et Eugène Vignat.
Domestication et nationalisation
La place de Gaulle en 1961. Dans le cercle, le gazomètre Avec l'arrivée de l'électricité au début du 20e siècle, les modes d'utilisation du gaz vont changer. Il n'est plus utilisé pour l'éclairage public ou privé, mais sert désormais à cuisiner, chauffer l'eau ou repasser, comme en témoignent les nombreuses réclames de l'époque vantant ses mérites auprès des ménagères. Il ne lui faudra que quelques années pour faire véritablement partie du quotidien d'un grand nombre de foyers orléanais, malgré les restrictions et la pénurie de houille entraînées par les deux conflits mondiaux. C'est justement à l'issue de la seconde guerre mondiale, en 1946, que le gaz (tout comme l’électricité) va connaître une profonde révolution avec la nationalisation de sa production et la création de Gaz de France. Dans la foulée, la découverte du gisement de Lacq près de Pau sonne le glas de la production locale de gaz de houille. Le 10 janvier 1961, toute la ville se trouve ainsi raccordée au gaz naturel, provenant de France ou de l'étranger (gisements de Mer du Nord et d'Algérie, notamment). Énergie peu polluante et pour l'heure moins coûteuse que le pétrole, le gaz semble avoir encore de belles heures devant lui.
Un vaste chantier qui, en 2005, a touché plus de 4 km de canalisation sur Orléans et qui s’est achevé fin 2007.
Sylvain Brient

