Orléans
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l'histoire tumultueuse de La Motte Sanguin
la Motte Sanguin ... pourquoi ?
C'est à l'extrémité est du quai du Fort Alleaume que s'étend la Motte-Sanguin, un site aujourd'hui arboré dont l'histoire semble véritablement débuter lors des Guerres de Religion. Après la seconde occupation d'Orléans par les Huguenots en 1567, Charles IX décide de faire restaurer les murailles de la ville et de construire le fort Alleaume et la tour de la Brebis. Entre ces deux fortifications, une butte surmontée d'un fortin est élevée au moment de la Ligue (1575-1594) pour surveiller la navigation sur la Loire et tenter de « s'emparer des bateaux qui descendaient le fleuve, avec des munitions et des vivres pour l'armée royale ».
Peine perdue, puisque les bateaux contournent l'île des Martinets, située presque en face, et continuent leur route au nez et à la barbe des guetteurs. Cette butte inutile devint par la grâce de « soldats à l'esprit caustique » la « Motte-sans-gain » et fût ensuite orthographiée Motte-Sanguin en hommage à un évêque orléanais du 16e siècle.
une usine et un hôtel pour le duc
C'est sur ce promontoire que le duc d'Orléans, surnommé « Louis-Philippe-Égalité » entreprend en 1789 de transférer une de ses manufactures de coton, installée initialement sur l'actuel Campo-Santo. Les travaux commencent en février 1789 et les métiers doivent emménager au mois de décembre suivant. Mais le duc d'Orléans ayant demandé que l'on construise à son usage une demeure élégante (le château de la Motte-Sanguin), il faut attendre une année de plus. Dans le même temps donc, l'architecte Lebrun réalise la filature, un énorme bâtiment de six étages et 365 fenêtres, et l'Hôtel de la Motte-Sanguin, reconnu «comme l'une des plus belles demeures qui ait été édifiée dans cette ville à la fin du 18e siècle».
le sort s'acharne sur la Motte
En 1824, cette usine est transformée en moulin à vapeur pour le blé, la fabrique de coton ayant fait faillite. Quelques années plus tard, la minoterie subit le même sort et comble de malchance, elle est détruite par un incendie dans la nuit du 18 au 19 juillet 1827 (ci-contre). Réédifiée sur trois étages seulement, elle brûle à nouveau en septembre 1860. « La violence du feu était telle, en effet, que les flammèches passaient au-dessus du pont de chemin de fer et tombaient de l'autre côté de la Loire », raconte un contemporain. L'ancien bâtiment et finalement rasé en 1875, et l'école d'artillerie du 5e corps d'armée est construite à sa place. Le château qui servait de logements aux différents directeurs de la manufacture accueillera dorénavant des généraux.
place à l'éducation, la culture, et le patrimoine
Après rachat par la ville d'Orléans en 1928, les militaires cèdent leurs chambres aux internes du « collège moderne de jeunes filles » et ceux du lycée Jean Zay à partir de 1949. Ces bâtiments abritent ensuite le centre régional Jeunesse et Sports et l'Auberge de jeunesse. L'hôtel et son parc, devenu jardin public, seront finalement acquis par la ville le 24 juillet 1976.
Orléans, qui souhaite protéger l'Auberge de jeunesse vient de demander son inscription à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques et des sites.
Sylvain Brient

