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La crypte St-Aignan, une église sous la terre

Tapie sous la nef de l'actuelle église St-Aignan, la crypte est le dernier vestige du grand monastère qui s'élevait à cet endroit au 11e siècle. Ce monument discret et empreint de mystère, ouvert aux visiteurs uniquement durant l'été dans le cadre de visites guidées, recèle bien des trésors pour qui sait les découvrir...

infos pratiques
les contes de la crypte

crypteLa lourde porte de bois, située sur la façade sud de l'église s'ouvre sur un couloir en pente douce, au sol en terre battue. Au fond se dessinent une petite ouverture et trois marches qui mènent à la crypte et au martyrium qui pendant des siècles abrita les reliques de Saint-Aignan. Considéré comme le protecteur de la ville face aux hordes du redoutable Attila en 451, l'évêque Aignan a très tôt fait l'objet d'une dévotion populaire et bien que les récits hagiographiques ne précisent pas son lieu de sépulture, il est vraisemblable que c'est dans le quartier qui porte son nom que ce dernier fût inhumé, deux ans après son exploit.

Une première communauté de religieux s'y installe dès le milieu du 7e siècle et une basilique est édifiée pour accueillir les reliques du saint homme. L'ensemble est clos d'un mur. Les habitations des chanoines, leurs bâtiments utilitaires s'organisent alors autour de l'église et du cimetière, situé à l'emplacement de la place Saint-Aignan. « Il est intéressant de remarquer que les lieux ont gardé toute leur configuration d'origine avec la place centrale, tout un ensemble de bâtiments autour et l'église au sud qui ferme le plateau menant à la Loire », souligne Laurent Mazuy animateur du patrimoine de la Ville.

Richement dotée par le roi Robert le Pieux au 11e siècle, la communauté de Saint-Aignan d'Orléans fait reconstruire la basilique d'une manière grandiose et l'inaugure en grande pompe le 14 juin 1029. Les précieuses reliques trouvent alors leur place dans le martyrium de la crypte.

le saint mis en scène

voute sculptéeOrientée à l'est, haute de 4,50 mètres sous voûte, elle a la particularité de s'organiser exactement comme une église avec un déambulatoire qui fait le tour d'une grande salle semi-circulaire et qui dessert cinq chapelles rayonnantes. Lors de la construction de l'église actuelle, au 15e, le déambulatoire fût en partie comblé (sans doute pour assurer l'assise du bâtiment) et une seule de ces chapelles est encore visible.

La partie ouest de l'édifice, le « chœur » si l'on peut dire, est occupée par le martyrium. Il se présente comme un mur appareillé « à la romaine » et percé de quatre petites ouvertures d'où les fidèles pouvaient apercevoir le reliquaire. Deux colonnes rondes aux chapiteaux sculptés encadrent le tombeau.

L'accès à la crypte se faisait alors par deux couloirs latéraux, dont l'amorce est toujours visible, situés sous le transept de l'édifice du 11e. Initialement semi-enterrée, elle était éclairée par le haut au moyen de fenêtres donnant dans le chœur et sur les flancs de la basilique. « L'un des aspects les plus intéressant de cette crypte est la façon avec laquelle le saint et la dévotion dont il est l'objet sont théâtralisés », explique Laurent Mazuy. « Pour entrer, les fidèles devaient d'abord franchir l'enceinte du cloître, rentrer dans la nef monumentale puis prendre les couloirs d'accès. Enfin pour simplement voir les reliques, il leur fallait monter sur une haute marche, s'élever vers le saint. La distance, l'agencement, la symétrie des lumières, tout concourent à en faire un endroit sacré, impressionnant. »

trésors cachés et inachevés

L'une des autres particularités de cette crypte est qu'elle a fait l'objet de gros travaux de reprise et de consolidation quasiment dès sa construction. Toujours est-il qu'elle va être profondément modifiée par la mise en place de solides piliers en calcaire de Beauce et de voûtes de renfort, destiné à éviter qu'elle ne s'effondre.

voûtes de renfort

C'est en observant en détail ces maçonneries massives qu'en 1953, un archéologue émit l'hypothèse que ces piliers pouvaient peut-être en dissimuler d'autres, plus fins. Quelques coups de burins plus tard, des moellons sont descellés et surprise ! Les piliers renferment des colonnes de pierre plus fines, surmontée de chapiteaux représentant des hommes aux prises avec des créatures monstrueuses (lions, dragons ?) et des compositions végétales clairement inspirées de l'Antiquité. La série de six chapiteaux présente différents stades d'achèvement. L'un a reçu une application de couleurs sur le fond et pour souligner les grandes lignes des personnages tandis que certains ne sont qu'à peine ébauchés par le tailleur de pierre. Autant d'indice de l'urgence avec laquelle l'ensemble a été consolidé.

Restée dans un très bon état de conservation, la crypte Saint-Aignan est l'une des plus belles illustrations du renouveau de l'architecture religieuse de l'an mil.

Sylain Brient

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adresse utile

Pour les visites, renseignements à
Office du Tourisme
2, place de l'Etape
45000 Orléans
02 38 24 05 05
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