Orléans
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L'ancien théâtre municipal
Un vaste local rectangulaire, long et étroit dans lequel les spectateurs ne pouvaient que mal voir et mal entendre, aux murs sévères et presque nus. Voilà comment se présentait le premier théâtre construit par l'architecte Lebrun.
infos pratiques
L'architecte Lebrun transforme l'église Saint-Michel en théâtre
Un vaste local rectangulaire, long et étroit dans lequel les spectateurs ne pouvaient que mal voir et mal entendre, aux murs sévères et presque nus. Voilà comment se présentait le premier théâtre d'Orléans construit par l'architecte Lebrun. Soucieux de rentabiliser au maximum l'acquisition de l'église, Lebrun aménage le lieu de culte en théâtre à moindre frais. Mal conçue et mal entretenue, du fait les conditions draconiennes imposées aux exploitants, la salle ne manque pas de tomber en ruine.
En 1818, les acteurs refusent même de se produire à Orléans en raison du danger que représente le théâtre pour eux et les spectateurs. Il est alors fermé pour d'indispensables restaurations.
1848 : arrivée d'A. Armand à la direction du théâtre
Pour le volet artistique, la situation n'est guère plus brillante. Les directeurs se succèdent mais les spectacles boudés par le public brillent par leur médiocrité. Une situation qui va perdurer jusqu'en 1848 à l'arrivée d'Alfred Harmant. Homme de théâtre reconnu, il se distingue par une programmation de qualité et engage une nouvelle rénovation du théâtre après que la municipalité l'a racheté aux héritiers de Lebrun pour la somme exorbitante de 150 000 francs.
Harmant finance les travaux sur ses propres deniers et va même jusqu'à refuser la subvention annuelle de la ville. La salle est alors reconstruite « à l'italienne » et le 12 octobre 1850, les peintures à peine sèches, le nouveau théâtre municipal ouvre ses portes. Tout est parfait pour les spectateurs émerveillés sauf le lustre à gaz qui refuse de fonctionner.
C’est donc à la lueur des bougies et dans l’odeur persistante du gaz qui sent mais ne brûle pas, que l’on jouera deux revues locales qui constituaient le spectacle de cette grande inauguration. Deux ans plus tard, Harmand passe la main.
De la belle époque à la venue de Sacha Guitry
Il faut attendre la belle époque et l'explosion de l'opérette pour le théâtre retrouve ponctuellement les faveurs du public. L'opérette La veuve joyeuse se joua vingt-une fois en une saison. Autre événement marquant dans la vie du théâtre : à la fin des années 30, S.Guitry y présente la « générale » de sa pièce Quadrille . Le tout-Paris fait même le déplacement. À l’issue de la représentation, l'auteur et ses comédiens, parmi lesquels Georges Gray, Gaby Morlay et Pauline Carton, sont reçus à l'hôtel de ville par le maire d'Orléans Claude Lewy, accompagné pour l'occasion de madame Georges Courteline.
Une fermeture rendue inévitable
Malgré le dévouement de certains de ses directeurs et la venue d'artistes de renom tels Sarah Bernhard, Albert Brasseur ou encore Aristide Bruand, le petit théâtre à l'italienne ne survit pas à la modernisation des salles de spectacle. Alors que le Carré Saint-Vincent sort de terre, le rideau tombe une dernière fois en 1974. Démantelé 5 ans plus tard, il cède la place au « centre municipal ». Seuls la façade et les souvenirs de théâtre émus de quelques Orléanais témoignent encore aujourd'hui de son existence.
S. Brient
c'est pratique
à lire
"Histoire des salles de spectacles orléanaises"
de Jacques Garnier

